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un père à retrouver

  • Ce soir pas de radio, grève illimitée. C’est donc moi qui vais parler de France Culture, et particulièrement des Pieds sur terre, et d’une personne qui racontait, – je crois bien que c’était mercredi, le 18 mars – qui racontait sa vie, avec ce problème de s’entendre dire un jour tu sais, ce n’est pas ton père ». Elle disait avec beaucoup d’émotion le poids de ne plus savoir qui on est, à quoi peut ressembler ce père biologique qu’on vous balance avec d’autres révélations. Et un jour la rencontre, qui bouscule et qui soulage, qui peut dénouer des incertitudes étouffantes. C’est la dernière des personnes qui racontent un regret.

Le lien sur l’émission : http://www.franceculture.fr/player/reecouter?play=5012937

  • Et puis je repense à un petit livre que j’ai beaucoup aimé, Le citronnier, de Samantha Barendson. Là aussi recherche du père, mystères à élucider, murs de silence.
  • Et je découvre, en cherchant une illustration, que Le citronnier a sa page Facebook, où je pique deux liens. Merci. Ils disent mieux que moi …

https://www.facebook.com/lecitronnierbarendson

 

  •  Ces deux récits, brefs et si riches, sont de ceux qui vous marquent.
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une journée tout ordinaire

qui estcePas comme celles de l’ami Meridien https://www.facebook.com/notes/meridien-ahmed/journ%C3%A9e-particuli%C3%A8re-25eme-partie/10152838974382244

Non, une journée de retraitée tranquille, qui a la chance de ne pas s’ennuyer, de rencontrer des amis, des réels et des FB …

Commencer au lever ou au petit moment de lecture la nuit ? on se lève, appel du café, gestes machinaux, écouter la radio, il y en a une dans chaque pièce, selon les jours c’est la fin des Matins de France Culture ou l’émission qui vient après, La fabrique de l’Histoire, à dix h je change de radio, France Musique, allumage de l’ordi, petits va-et viens ordi cuisine – sortir ce matin ? parfois, oui, et alors il faut un peu se remuer, pas traîner. Si je m’assois à l’ordi c’est fichu je ne bougerai pas avant midi, une heure même et un peu plus.

Il y a les jours de soins au balcon, arroser, baigner (azalées), et des fois balayer, c’est fou ce que ça se remplit de feuilles, de débris, un balcon ! déplacer quelques escargots un peu trop gourmands, je les envoie au jardin mais ils reviennent, ces chers. Pour les limaces, pas de pitié. Et il y a Madame la Fougère, exigeante, elle vit à l’intérieur, pas loin d’une fenêtre, elle trône. Pour elle pas seulement un bain tous les deux-trois jours mais aussi la douche, tout doucement, longuement, qu’elle s’imagine être sous la pluie, elle reverdit.

En permanence, la radio ou Spotify qui me laisse choisir ma musique, mais beaucoup la radio, compagnie, source d’informations, éveil à toutes les curiosités, les vies ordinaires ou pas. Ce matin, samedi, Concordance des temps, en semaine La Fabrique de l’Histoire et tant d’autres. J’aime les émissions de Laure Adler le soir, Hors Champs. Je regrette fort que celle d’Alain Veinstein,  Du jour au lendemain,  ait été supprimée et qu’on ne puisse même pas l’avoir en réécoute. La radio, ce sont des voix très chères qui la composent, elles tissent votre vie en toile de fond.

Lire ? surtout le soir, la nuit même, sur le coup de 3-4 heures du matin il m’arrive souvent d’être tout à fait réveillée et c’est alors une à deux heures de lecture, tranquille, pas de bruit, ce sont les meilleures lectures, celles que je ne fais pas dans la journée, qui me paraissent difficiles. Et il y a aussi tous les textes des amis FB, les poètes,  ceux qui chroniquent, qui écrivent, ,décrivent.

La famille, elle est réduite, quelques coups de fil ou de rares visites mais on sait qu’on est là et il y a tous les souvenirs tous ceux qu’on a aimés.

De quoi est faite une journée encore ? de mille petits riens, un colis, la vaisselle, le marché le dimanche et parfois jeudi, un truc à essayer style bricolage, et c’est pas mal aussi quand ça marche !

Je pense à ce livre « une vie d’algérien, est-ce que ça fait un livre que les gens vont lire ? » … un livre années 70 …

Éditions du Seuil, 1973 – 184 pages

inventif, Inventions

Inventions à deux, à trois voix, Bach bien sûr, Jean-Sébastien. Ce matin dans Sacrées musiques, de Benjamin François, France Musique.

Parler de Bach ? plutôt l’écouter et le déchiffrer au moins un peu. Cette année, mes capacités pianistiques se réduisant, pas de panique, déchiffrage, et là c’est l’océan c’est l’infini … mais quelle imagination, quelle belle inventivité.

Pour déchiffrer j’ouvre mon cahier des Inventions, et je commence, mains séparées, le motif,  un faible pour les mineurs, mais là n’est pas la question. Et le voilà qui se déroule, qui revient, un ton ou un demi plus bas, repart, à la main gauche, en canon, hé ! écoute je parle aussi en plus grave, dialogue, dit-on trilogue ? il se partage , commence main gauche, un peu de droite, ou l’inverse.

Je l’écoute en ligne, abonnement Spotify, Clavecin bien tempéré, Well-tempered Clavier, Wohltemperierte Klavier, ravie quand je retrouve un de « mes » préludes ou fugues, inventions … et il s’installe un va-et vient entre écoute et cahier, toujours surprenant.

L’invention, la surprise, même en réentendant, en réécoutant ou en relisant, c’est fabuleux, richissime.

Et c’est aussi ce plaisir qu’on éprouve à certaines lectures, citerai-je mes poètes préférés ?

Inventivité sans limites, jamais assez, « cent fois sur le métier » mais c’est un autre ouvrage chaque fois, et des fois des « vieux trucs » revisités. La joie …

 

https://www.facebook.com/pages/Abed-Manseur/482409175194884?fref=ts

 

http://de.wikipedia.org/wiki/Das_Wohltemperierte_Klavier

Bob Van Asperen – Das Wohltemperierte Klavier, BWV 846-869, Book One, No. 1 in C Major, BWV 846: Fugue

Julia Cload – No. 13 In F Sharp Major: Prelude

Simone Dinnerstein – Sinfonia No. 11 in G Minor, BWV 797

Gustav Leonhardt – Sinfonia No. 9 in F minor, BWV 795

 

 

 

 

 

 

ballon rouge

Je pense, moi ? pas sûr ! ou alors comment, sur quoi ça s’appuie, l’impression de penser …

Ce matin dans mon lit, j’allume la radio, France Culture, ça parle et j’écoute mais plus ou moins. Je me retrouve en train d’écrire, de décrire une image, que je vois très précisément : c ‘est une photo, NB, un couple, l’hoomme tient sa bicyclette équipée d’un grand panier, porte-bagages (c’est le panier qu’on voit dessiné lorsqu’on veut faire des achats sur internet). De l’autre côté du vélo, la femme, elle hésite à donner le bras à l’homme et appuie la main sur le panier, se solidarisant ainsi de l’homme mais pas tout à fait, il y a l’intermédiaire, panier plus vélo.

Dans mon rêve semi-éveillé je suis donc en train d’écrire, au clavier, et j’ai une phrase calquée sur une lecture, et j’ai écrit « tout soudain ». « Tout soudain », je l’ai lu il y a deux trois jours, qui annonçait la parution d’un livre. Je ne sais pas la suite de la phrase, j’étais la relisant, voulais la modifier mais quelque chose me gênait, se mettait en travers.

Qu’est-ce qui m’empêchait de rectifier, de compléter cette phrase ? la radio ? c’était l’émission Terre à terre, de Ruth Stégassy. Radicale, et tenant à écrire la suite, je coupe la radio et aussitôt, l’image que je voyais si bien s’évanouit, et ma phrase avec. La voix que j’entendais me servait de support, pour  voir, pour  écrire pour penser. J’ai rallumé et l’image est réapparue !

Besoin de faire deux choses à la fois ? de lutter contre ? je n’ai pas l’impression de lutter mais bien de m’appuyer, d’avoir un support indispensable, nécessaire pour me sentir exister. J’écoute donc je suis. Bien sûr il n’est pas question de se mesurer à  Descartes et d’ailleurs la célèbre formule est souvent reprise et adaptée à des pubs.

Un peu plus tard, je suis debout, la radio m’accompagne toujours, Répliques : ce matin on parle de Montaigne, deux invités, Pierre Manent et Frédéric Brahami. Montaigne, ce continent ! Monique Chambaud, son père, le lisaient le relisaient sans cesse et moi, je commence, lis qq jours puis passe à autre chose, et me propose toujours (ou seulement furtivement) de m’y mettre …

http://www.franceculture.fr/emission-repliques-penser-avec-montaigne-2014-04-05

Une phrase me frappe, je cite comme je peux : Montaigne fonde la littérature ;  il dit c’est en écrivant que je deviens moi-même. Il faut que je retrouve cette phrase, reprendre Répliques.

 

Et, en écoutant Finkielkraut et ses deux invités parler de Montaigne, je balaye, oui, pelle, balai, les poussières se voient bien quand un rayon de soleil vient les illuminer. Je balaye et j’écoute et je me dis des tas de choses, ce que je crois être « penser ». Ce qui m’importe c’est ce support. Sans la radio, sans prêter l’oreille, je n’existe pas.

Et il y a des années, je peux dire toujours, j’écoute la radio, je « mets » la radio et j’en vis. Elle me porte. Hier soir c’était une évocation de Walter Benjamin, prononcé Binjamin et Bennyamine, et ça marque l’époque … Un moment la voix, le raisonnement de Stéphane Hessel cherchant à identifier la voix de « Bennyamine » qu’il a connu. L’entrecroisement des voix actuelles, l’évocation de voix d’avant, moi qui écoute et vaque à mes occupations ou flotte … Attrape le ballon, je le veux. Mais il s’échappe.

http://www.franceculture.fr/emission-l-atelier-du-son-ramuntcho-matta-%20-philippe-baudouin-pour-les-ecrits-radiophoniques-de-walt

Onze heures ! Stop !

17 décembre 1984

Ma petite mère, combien d’années que je ne t’ai pas écrit, que je parle de toi à la troisième personne, Mamie ou ma mère, ma petite mère … mais toutes les deux, qui avons échangé tant de lettres, qui avons dit infiniment plus de choses, parlé de tout par écrit plutôt qu’oralement … je me souviens des années ado où les repas à deux se déroulaient sans un mot, c’est moi qui te boudais autour de quatorze ans, l’âge bête dit-on. Et pourtant à la même époque j’avais écrit une rédaction sous forme d’une lettre que je t’adressais et qui avait plu à mon prof de français, Madame Amrouche, en troisième.

Ce dont je te suis le plus reconnaissante c’est de m’avoir appris à lire, avant l’école qui ne commençait qu’à six ans, il n’y avait pas alors de maternelles, les grand-mères étaient là, partageaient la vie de tous les jours. Lire et écrire, je me souviens des manuels de lecture En riant, et je vois encore les lignes d’écriture, les syllabes … Tous les livres choisis pour moi, partagés, d’abord les histoires tous les soirs … et la tradition ne s’est pas perdue ! Puis les livres que tu m’achetais, la Comtesse de Ségur, l’abonnement au Journal de Mickey, combien d’années, les Fables de la Fontaine illustrées, un bel album … ils ont tous circulé, les cousins, puis donnés à la bibliothèque de l’école. Le pli était pris, je vivrais avec des livres, tu fréquentais la Bibliothèque du Souk el-Attarine où tu allais tous les quinze jours faire provision, les nouveautés, les revues les journaux aussi. Tu lisais Les Annales, Marianne, tu m’as vite fait lire les petits livres Didier en anglais et au lycée nous avons été trois à prendre des romans anglais proposés par le prof, Hélène Pavlidès, Zina Mahjoub et moi. Jane Austen, Pride and Prejudice ; et un roman que j’avais beaucoup aimé, acheté chez Saliba, je l’ai conservé longtemps, A high wind in Jamaica, j’ai depuis longtemps oublié le nom de l’auteur, Richard Hughes et je découvre là qu’on en a fait un film.

La bibliothèque que tu as fondée à l’Eurolat, et le plaisir que tu prenais à entraîner les pensionnaires à lire, choisissant les gros caractères, parlant et sachant trouver pour chacun les livres qui lui plairaient et pouvaient leur faire paraître le temps moins long entre les visites des petits-enfants si occupés …

Et me voilà largement retraitée et toujours lisant, rencontrant des amoureux du livre, de toutes les formes de littérature, des écrivains des écriveurs en prose en vers – et contre tous les pleurnicheurs !!

Tiens, je vais t’offrir l’image d’un stylo et quelques vers d’un ami du Maroc, un fin connaisseur de la littérature française, quelqu’un que tu aurais aimé rencontrer. Et je crois aussi que tu aurais aimé le Net et toutes ces ouvertures aux paroles qui se lient …

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Demain, je te promets de continuer à t’écrire, nous avons tant de choses à évoquer. Bonne nuit ma chérie, bon long repos « Celui qui croyait au ciel, Celui qui n’y croyait pas »

http://www.poesie.net/aragon4.htm

La Rose et le Réséda

Celui qui croyait au ciel
Celui qui n’y croyait pas
Tous deux adoraient la belle
Prisonnière des soldats
Lequel montait à l’échelle
Et lequel guettait en bas
Celui qui croyait au ciel
Celui qui n’y croyait pas
Qu’importe comment s’appelle
Cette clarté sur leur pas
Que l’un fut de la chapelle
Et l’autre s’y dérobât
Celui qui croyait au ciel
Celui qui n’y croyait pas
Tous les deux étaient fidèles
Des lèvres du coeur des bras
Et tous les deux disaient qu’elle
Vive et qui vivra verra
Celui qui croyait au ciel
Celui qui n’y croyait pas
Quand les blés sont sous la grêle
Fou qui fait le délicat
Fou qui songe à ses querelles
Au coeur du commun combat
Celui qui croyait au ciel
Celui qui n’y croyait pas
Du haut de la citadelle
La sentinelle tira
Par deux fois et l’un chancelle
L’autre tombe qui mourra
Celui qui croyait au ciel
Celui qui n’y croyait pas
Ils sont en prison Lequel
A le plus triste grabat
Lequel plus que l’autre gèle
Lequel préfère les rats
Celui qui croyait au ciel
Celui qui n’y croyait pas
Un rebelle est un rebelle
Deux sanglots font un seul glas
Et quand vient l’aube cruelle
Passent de vie à trépas
Celui qui croyait au ciel
Celui qui n’y croyait pas
Répétant le nom de celle
Qu’aucun des deux ne trompa
Et leur sang rouge ruisselle
Même couleur même éclat
Celui qui croyait au ciel
Celui qui n’y croyait pas
Il coule il coule il se mêle
À la terre qu’il aima
Pour qu’à la saison nouvelle
Mûrisse un raisin muscat
Celui qui croyait au ciel
Celui qui n’y croyait pas
L’un court et l’autre a des ailes
De Bretagne ou du Jura
Et framboise ou mirabelle
Le grillon rechantera
Dites flûte ou violoncelle
Le double amour qui brûla
L’alouette et l’hirondelle
La rose et le réséda

Louis Aragon

Extrait de
« La Diane Française »
édition Seghers

l’amour du russe (3). Les anges

rublev_troitsa« Anges du Paradis », non, je ne suis pas une fan d’opéra et PNP NIP personne n’est parfait, nobody is perfect.

  • Si on me dit anges, qu’est-ce que je vois d’abord ? la Trinité, Rublev, l’icône entre les icônes. Ah l’avoir vue en vrai dans toute sa splendeur à Tretiakov ! merci à ces voyages russes et à ceux qui les ont permis. <merci et grâce à André Tarkovski, à ses films … à ces petits monastères préservés pendant l’ère soviétique, merci à mon ami Alexandre Sveshnikov, à sa супругая (souprougaya), son épouse, à leur gentillesse inégalable, ces mille et mille attentions due aussi à un intense besoin de partager ce qu’ils aimaient, le père d’Alexandre, artiste,les collections qu’il avait données au musée d’Abramtsevo (j’espère ne pas mélanger en me souvenant), faute de place dans le petit appart qu’ils avaient à Moscou …

Ce plaisir de regarder des reproductions belles, foisonnantes de sens, je l’ai retrouvé avec Monique Chambeau (paix à sa belle âme, « dans le sein d’Abraham) et bien sûr autour de Maurice, hello bon-bon-papa, salut au jeune arrière grand-père et à HanneLore ♥

Les anges aussi dans la tradition syriaque. Restons dans « la Russie profonde » (des clichés mes amis il y en a, et pas seulement celui de l’âme slave, « invention française » dixit Louis Martinez, qui en connaît un rayon dans les replis de la psyché russe.

Voilà, je voulais citer Leskov, les anges préservés chez les Vieux-croyants ». Leskov connais pas ? mais si, édité dans la Pléiade, un volume qu’il partage avec Saltykov-Chédrine. https://alalahune.wordpress.com/2012/07/18/leskov-gens-deglise-diacres-et-chevaux/

  • des anges … chacun de nous a ses deux anges, épaule droite épaule gauche et hier soir, devant les vives réactions de mes chers amis russophiles j’ai eu cette image où je me voyais escortée par mes deux anges … attention la tradition veut qu’il y ait le bon et le mauvais mais comme on ne saurait être mauvais quand on est ange, salut à vous qui vous êtes reconnus.
  • Et puisqu’on parlait de Leskov, des Vieux croyants, lire L’ange scellé … drôle de traduction j’aurais plutôt pensé  à l’ange estampillé, cacheté … « scellé » renvoie à une chaîne et un anneau, prison. Cette histoire est passée par les mains d’un compositeur Rodion Chédrine,  l’époux de Maya Plissetskaïa

http://www.classiquenews.com/ecouter/lire_article.aspx?article=4055&identifiant=2010927SKJ80YJ0LO7QFFID5IM5QF382

http://www.classiquenews.fr/ecouter/lire_chronique_cd.aspx?id=1086 –  où on peut lire « Rodion Chedrine (Shchedrin): Le voyageur enchanté (2002). Le petit cheval bossu (4 fragments). Concerto pour orchestre n°1 « naughty Limericks ». Sergei Aleksashkin, Kristina Kapustinskaya, Evegeny Akimov … Choeur et orchestre du Mariinsky. Valery Gergiev, direction. »

Voilà quelques anges pour une fin de matinée dominicale ! mais ce n’est pas tout ! la littérature russe en fourmille, http://www.universalis.fr/encyclopedie/nicolas-semionovitch-leskov/ressources/

 

Raymond Federman – Quitte ou double

Raymond Federman ! un jour j’ai acheté tous ses livres, une dizaine, enthousiaste, puis c’était quand même trop à la fois, j’en ai oublié et hier soir un peu de rangement, un livre mystérieusement couvert d’un papier cadeau, donc d’un papier opaque et là c’est fichu tu ne sais jamais ce qui se cache dessous ou dedans …
La surprise, j’ouvre, je feuillette, comprends pas c’est écrit un peu dans tous les sens, jeux de typographie, des blocs, décalés en escalier en disons en zigzag, des boutons contenant un tout petit texte, un mot, losanges diagonales … drôle, bizarre mais qu’est-ce que c’est ? où est le titre, le nom de l’auteur ?

Bon ! je le remets sur la pile mais cette fois il est tout en haut, et je vais me coucher, ce matin, attirée, faut bien que je sache qui est caché dedans … oui c’est lui c’est RAYMOND FEDERMAN lui qui a dû sa vie le fait d’échapper à la rafle du Vél’ d’Hiv’ et à tout le reste, aucun membre de sa famille n’en est revenu, sa mère l’avait poussé dans un placard, le temps de le cacher avant qu’ils soient tous embarqués …

Son histoire, celle-là, je l’ai entendu la raconter à Laure Adler un été, il était annoncé comme américain et le voilà avec un accent parisien, parigot même …

Le livre que je retrouve, ouvre et commence à lire, un de ceux où on s’immerge, adieu le quotidien, c’est QUITTE OU DOUBLE.

J’en reparlerai … il est un peu indéfinissable, faut reprendre souffle et s’en imprégner d’abord.