Posts Tagged ‘amour’

est-ce que ça te plaît ?

Je crois bien que c’était la première fois qu’on me demandait « ça te plaît ? » Je lisais Les souffrances du jeune Werther et non, ça ne me captivait pas mais il y avait « un must » comme on ne disait pas alors. Je devais avoir autour de quinze ans, une sorte de respect obligé envers les classiques et là … Je le trouvais un peu longuet, j’ai retenu l’cette histoire de vêtement qui représente la rencontre avec Charlotte …

http://www.franceinter.fr/emission-ca-peut-pas-faire-de-mal-saison-2011-2012-les-souffrances-du-jeune-werther-de-goethe

Werther est loin, reste la question, le jugement résumé à oui ou non, il y a un jeu de pile ou face et il arrive qu’on regrette d’avoir fait ce choix, influencé par le ton, la personne qui attend, et qui va par la même vous juger,  ah tu es de ceux qui  … la belle affaire ! En général j’esquive, je brode tel argument mais …etc. Et pourtant de moi à moi, j’ai bien de ces sympathies ou l’inverse, irritée par certains mots ou intonations, qui à la longue s’agglomèrent et semblent devenir des tics de langage. Et si c’était moi qui captais, orientée, certains de ces mots, et que je fabriquais des audio-tics ? Bon, pas pour aujourd’hui …

Sur les pages FB il y a des moments délectables, une réplique, le plus souvent dans les comm, où on est plus spontanés que sur un statut, qui a rang de déclaration,  personnelle ou citation. Non, les comm, il en est de jubilatoires, et des fois ils s’enchaînent, ping-pong de jeux de mots, plaisir. Plaisir de la surprise, et à la fois reconnaissance, ah oui, il/elle ne l’a pas raté, je le/la reconnais bien. On est dans la surprise et le familier, un peu étonné un peu un terrain connu.

Et c’est fichu pour mon histoire de surprise. Je m’étais faite à l’idée que j’aime bien ce qui est surprise, et j’ai des souvenirs précis d’une phrase qui m’a plu plu plu parce qu’elle était inattendue. Est-ce que c’était le contexte ? Le choc plaisant, jubilatoire, une reconnaissance envers celui/celle qui lance cette phrase comme un appât et je mords,  sans remords. Et j’aime, j’aime le mot, la voix, le climat. C’est vrai pour du vécu, en direct, et pour une émission radio, un film, on adhère, on reçoit quelque chose de bénéfique, la joie …

Retrouver, retrouvailles, hier soir en lisant une sorte de préface au Livre des Délices, un roman du 13e siècle, écrit en hébreu à Barcelone déjà saisie par la Reconquista, rois catholiques. Un roman inspiré de ou calqué sur Kalila et Dimna … et l’introduction nous entraîne, voilà des nom connus, presque familiers … un livre à laisser sur la table, pas sur ou dans une pile, accessible. Et j’ai aussi sorti le beau gros livre cosigné, codirigé par Abdelwahab Meddeb et Benjamin Stora, l’histoire des relations entre juifs et  musulmans, à consulter, à feuilleter, s’arrêter où ça se présentera, entendre comme si on vous contait des histoires, retomber en enfance, en pays d’origine …

meddeb_stora_001

 Se laisser surprendre, attendre, jouer, être le jouet … c’est vivre sans penser à un  long fleuve tranquille. Et, goût amer, celle qui me demandait « ça te plaît » ? s’en est allée, vie brisée malgré les apparences, à quarante ans, il y a soixante ans. Repose en paix, toi qui aurais eu cent ans cette année.

17 décembre 1984

Ma petite mère, combien d’années que je ne t’ai pas écrit, que je parle de toi à la troisième personne, Mamie ou ma mère, ma petite mère … mais toutes les deux, qui avons échangé tant de lettres, qui avons dit infiniment plus de choses, parlé de tout par écrit plutôt qu’oralement … je me souviens des années ado où les repas à deux se déroulaient sans un mot, c’est moi qui te boudais autour de quatorze ans, l’âge bête dit-on. Et pourtant à la même époque j’avais écrit une rédaction sous forme d’une lettre que je t’adressais et qui avait plu à mon prof de français, Madame Amrouche, en troisième.

Ce dont je te suis le plus reconnaissante c’est de m’avoir appris à lire, avant l’école qui ne commençait qu’à six ans, il n’y avait pas alors de maternelles, les grand-mères étaient là, partageaient la vie de tous les jours. Lire et écrire, je me souviens des manuels de lecture En riant, et je vois encore les lignes d’écriture, les syllabes … Tous les livres choisis pour moi, partagés, d’abord les histoires tous les soirs … et la tradition ne s’est pas perdue ! Puis les livres que tu m’achetais, la Comtesse de Ségur, l’abonnement au Journal de Mickey, combien d’années, les Fables de la Fontaine illustrées, un bel album … ils ont tous circulé, les cousins, puis donnés à la bibliothèque de l’école. Le pli était pris, je vivrais avec des livres, tu fréquentais la Bibliothèque du Souk el-Attarine où tu allais tous les quinze jours faire provision, les nouveautés, les revues les journaux aussi. Tu lisais Les Annales, Marianne, tu m’as vite fait lire les petits livres Didier en anglais et au lycée nous avons été trois à prendre des romans anglais proposés par le prof, Hélène Pavlidès, Zina Mahjoub et moi. Jane Austen, Pride and Prejudice ; et un roman que j’avais beaucoup aimé, acheté chez Saliba, je l’ai conservé longtemps, A high wind in Jamaica, j’ai depuis longtemps oublié le nom de l’auteur, Richard Hughes et je découvre là qu’on en a fait un film.

La bibliothèque que tu as fondée à l’Eurolat, et le plaisir que tu prenais à entraîner les pensionnaires à lire, choisissant les gros caractères, parlant et sachant trouver pour chacun les livres qui lui plairaient et pouvaient leur faire paraître le temps moins long entre les visites des petits-enfants si occupés …

Et me voilà largement retraitée et toujours lisant, rencontrant des amoureux du livre, de toutes les formes de littérature, des écrivains des écriveurs en prose en vers – et contre tous les pleurnicheurs !!

Tiens, je vais t’offrir l’image d’un stylo et quelques vers d’un ami du Maroc, un fin connaisseur de la littérature française, quelqu’un que tu aurais aimé rencontrer. Et je crois aussi que tu aurais aimé le Net et toutes ces ouvertures aux paroles qui se lient …

mourad_elayyadi_002

Demain, je te promets de continuer à t’écrire, nous avons tant de choses à évoquer. Bonne nuit ma chérie, bon long repos « Celui qui croyait au ciel, Celui qui n’y croyait pas »

http://www.poesie.net/aragon4.htm

La Rose et le Réséda

Celui qui croyait au ciel
Celui qui n’y croyait pas
Tous deux adoraient la belle
Prisonnière des soldats
Lequel montait à l’échelle
Et lequel guettait en bas
Celui qui croyait au ciel
Celui qui n’y croyait pas
Qu’importe comment s’appelle
Cette clarté sur leur pas
Que l’un fut de la chapelle
Et l’autre s’y dérobât
Celui qui croyait au ciel
Celui qui n’y croyait pas
Tous les deux étaient fidèles
Des lèvres du coeur des bras
Et tous les deux disaient qu’elle
Vive et qui vivra verra
Celui qui croyait au ciel
Celui qui n’y croyait pas
Quand les blés sont sous la grêle
Fou qui fait le délicat
Fou qui songe à ses querelles
Au coeur du commun combat
Celui qui croyait au ciel
Celui qui n’y croyait pas
Du haut de la citadelle
La sentinelle tira
Par deux fois et l’un chancelle
L’autre tombe qui mourra
Celui qui croyait au ciel
Celui qui n’y croyait pas
Ils sont en prison Lequel
A le plus triste grabat
Lequel plus que l’autre gèle
Lequel préfère les rats
Celui qui croyait au ciel
Celui qui n’y croyait pas
Un rebelle est un rebelle
Deux sanglots font un seul glas
Et quand vient l’aube cruelle
Passent de vie à trépas
Celui qui croyait au ciel
Celui qui n’y croyait pas
Répétant le nom de celle
Qu’aucun des deux ne trompa
Et leur sang rouge ruisselle
Même couleur même éclat
Celui qui croyait au ciel
Celui qui n’y croyait pas
Il coule il coule il se mêle
À la terre qu’il aima
Pour qu’à la saison nouvelle
Mûrisse un raisin muscat
Celui qui croyait au ciel
Celui qui n’y croyait pas
L’un court et l’autre a des ailes
De Bretagne ou du Jura
Et framboise ou mirabelle
Le grillon rechantera
Dites flûte ou violoncelle
Le double amour qui brûla
L’alouette et l’hirondelle
La rose et le réséda

Louis Aragon

Extrait de
« La Diane Française »
édition Seghers

un film de Bruno Dumont, Hadewijch

hadewijch_001

  • Vu en DVD, un beau film, noble, pas tranquille du tout

http://www.imdb.com/title/tt1257562/

  • L’idée de voir de film est venue d’abord d’une interrogation, c’est qui c’est quoi Hadewijch ? Jamais entendu ce nom et déjà comment le prononcer … Dans le film on apprend vers la fin que c’est le lieu « le lieu où je suis née » dit-elle.
  • Autrement, Hadewijch est le nom d’une mystique flamande, une autre Hildegarde de Bingen, un siècle plus tard. Et c’est le titre d’une œuvre créée vendredi dernier, le 20 septembre, aux Bernardins. J’avoue que je ne connaissais pas non plus l’auteur, Edith Canat de Chizy. Découvertes … et ce concert, les voix de l’ensemble de Rachid Safir, Solistes XXI. Magie du lieu, magie des voix, de la direction, communion …

hadewijch_006a     Faute de pouvoir insérer de la musique autre que des vidéos,et comme je ne saurais pas en parler non plus sinon en disant c’était beau – voilà les cd achetés à la sortie, encore une découverte, Klaus Huber, né en 1924, un visage une allure sympathiques :  ses Répons à la manière de Gesualdo, composés à la demande de Rachid. L’enregistrement est déjà ancien, Les Jeunes Solistes. Passé en boucle ce cd Carlo Gesualdo. Le deuxième cd, toujours de Klaus Huber et par Les Jeunes Solistes, est un peu moins accessible et demanderait aussi plusieurs écoutes rapprochées, Miserere hominibus.

Soirée d’exception, évènement, comme l’ont été les deux concerts les deux représentations des Litanies de Ronchamp, l’année dernière. Bonheur d’avoir retrouvé Rachid,et les flots de souvenirs …

http://www.youtube.com/watch?v=o5i3VnkxJmE

dimanche premier septembre

lettre_mamie_4Evoquer ma petite mère pour son anniversaire … Puiser dans les pages perso écrites entre 1997 et 2004, alimentées de photos tirées de ses albums.

Et d’abord une lettre, une des rares qui me soient restées … son écriture claire, régulière, une lettre où elle parle de la Bibliothèque, avec majuscule oui ! celle du Souk el-attarine, son lieu de prédilection, de curiosité, de liberté parmi les livres et la salle des fichiers, véritable trésor. Je me souviens qu’elle m’y emmenait parfois pour choisir à mon tour … pour m’initier au fonctionnement des fichiers, elle m’avait dit « je vais demander à madame Bastide de t’expliquer …

…. … la suite ce soir

l’amour du russe (3). Les anges

rublev_troitsa« Anges du Paradis », non, je ne suis pas une fan d’opéra et PNP NIP personne n’est parfait, nobody is perfect.

  • Si on me dit anges, qu’est-ce que je vois d’abord ? la Trinité, Rublev, l’icône entre les icônes. Ah l’avoir vue en vrai dans toute sa splendeur à Tretiakov ! merci à ces voyages russes et à ceux qui les ont permis. <merci et grâce à André Tarkovski, à ses films … à ces petits monastères préservés pendant l’ère soviétique, merci à mon ami Alexandre Sveshnikov, à sa супругая (souprougaya), son épouse, à leur gentillesse inégalable, ces mille et mille attentions due aussi à un intense besoin de partager ce qu’ils aimaient, le père d’Alexandre, artiste,les collections qu’il avait données au musée d’Abramtsevo (j’espère ne pas mélanger en me souvenant), faute de place dans le petit appart qu’ils avaient à Moscou …

Ce plaisir de regarder des reproductions belles, foisonnantes de sens, je l’ai retrouvé avec Monique Chambeau (paix à sa belle âme, « dans le sein d’Abraham) et bien sûr autour de Maurice, hello bon-bon-papa, salut au jeune arrière grand-père et à HanneLore ♥

Les anges aussi dans la tradition syriaque. Restons dans « la Russie profonde » (des clichés mes amis il y en a, et pas seulement celui de l’âme slave, « invention française » dixit Louis Martinez, qui en connaît un rayon dans les replis de la psyché russe.

Voilà, je voulais citer Leskov, les anges préservés chez les Vieux-croyants ». Leskov connais pas ? mais si, édité dans la Pléiade, un volume qu’il partage avec Saltykov-Chédrine. https://alalahune.wordpress.com/2012/07/18/leskov-gens-deglise-diacres-et-chevaux/

  • des anges … chacun de nous a ses deux anges, épaule droite épaule gauche et hier soir, devant les vives réactions de mes chers amis russophiles j’ai eu cette image où je me voyais escortée par mes deux anges … attention la tradition veut qu’il y ait le bon et le mauvais mais comme on ne saurait être mauvais quand on est ange, salut à vous qui vous êtes reconnus.
  • Et puisqu’on parlait de Leskov, des Vieux croyants, lire L’ange scellé … drôle de traduction j’aurais plutôt pensé  à l’ange estampillé, cacheté … « scellé » renvoie à une chaîne et un anneau, prison. Cette histoire est passée par les mains d’un compositeur Rodion Chédrine,  l’époux de Maya Plissetskaïa

http://www.classiquenews.com/ecouter/lire_article.aspx?article=4055&identifiant=2010927SKJ80YJ0LO7QFFID5IM5QF382

http://www.classiquenews.fr/ecouter/lire_chronique_cd.aspx?id=1086 –  où on peut lire « Rodion Chedrine (Shchedrin): Le voyageur enchanté (2002). Le petit cheval bossu (4 fragments). Concerto pour orchestre n°1 « naughty Limericks ». Sergei Aleksashkin, Kristina Kapustinskaya, Evegeny Akimov … Choeur et orchestre du Mariinsky. Valery Gergiev, direction. »

Voilà quelques anges pour une fin de matinée dominicale ! mais ce n’est pas tout ! la littérature russe en fourmille, http://www.universalis.fr/encyclopedie/nicolas-semionovitch-leskov/ressources/

 

l’amour du russe (2)

Le titre a déjà figuré sur le blog.  Un petit recensement. Il en manque … les rajouterai.

il y a des jours …

    Il y a des jours, des jours d’amour, où tout ce qu’on rencontre se met à être joyeux, impatient, coloré … aujourd’hui par exemple et hier … (écrit le 22 mars, un vendredi, je sais dix jours plus tard à quoi je faisais allusion, une rencontre sur FB, si riche, si plaisante … rencontre aussi locale, tchatche et peut-être mais c’est déjà loin, dix jours, une petite promenade et une pêche à la musique particulièrement fructueuse, il y a des jours où Spotify s’y met !)

Spotify pas peur, un coup de pub pour les radios … comment ça marche ?   je remets à une autre fois la richesse des radios Spotifyesques ou Spotifyales, s-pontificales, pour écouter Tire ta langue !

_______

dimanche 31 mars, .

  • Cette émission Tire ta langue … que j’aime tant. Aujourd’hui l’invité d’Antoine Perraud est Souleymane Diamanka, slameur rappeur, bordelais né à Dakar ou pas loin de, quel bonheur, quelle intelligence quelle compréhension  de la vie, de la réalité …  la vie les échanges de la rue du café des copains, la chaleur … Souleymane raconte Barret, le pont entre le savoir diplômé, reconnu, et le savoir contact … chaleureux, réciproque.

http://www.franceculture.fr/emission-tire-ta-langue-le-slameur-et-le-linguiste-2013-03-31.- Slam slam slam, merci à Bruno Letort qui a trouvé le nom que je cherchais ! MC Solar ! « mais c’est bien sûr » merci !!

9782296512788,0-1565375_souleymane

au quart de tour, l’entente

livres_004_celineBonheur ! il est des rencontres, de petites conversations qui dès l’abord tournent, vont, s’alimentent … Verbalement, par écrit, un regard et ça démarre, rimons avec rare ! Et c’est parfois à contre courant, à propos d’une discussion où se prélassait un malentendu, brusquement une intervention … et c’est l’étincelle, iskra искра (alors là j’aimerais bien retrouver l’origine de ce nom donné à un journal, une gazette révolutionnaire du 19e ce grand siècle).

Hier il était question de Céline, l’écrivain, l’homme, paria ou minable mais génie … conciliable ? Et l’argumentation allait cahin caha, j’en parle parce que ce n’est pas la première fois que je suis confrontée à cette admiration des uns, répulsion autrement … Je pense à « la librairie célinienne de Paris » …

http://www.lepetitcelinien.com/2012/05/dun-livre-lautre-la-librairie.html

http://l-editeur.fr/emile-brami

… à des bouts de discussion qui n’ont pas réussi à me faire bouger … bouger qui serait relire le Voyage. Et pourtant je suis allée voir un spectacle Céline à Nanterre  et j’étais contente de me dire, faut pas l’ostraciser, séparer l’homme de l’artiste etc …

http://www.la-pleiade.fr/Auteur/Louis-Ferdinand-Celine

Et voilà qu’en une phrase, en trois mots « j’ai vingt-sept ans » s’est produit le dégel, les mots ont pris un sens, la Neva s’est craquelée, réponses et remarques se sont croisées, fiévreusement ! ah il était temps ! Donc commandé le Voyage et le lirai dès qu’il sera arrivé à bon port !

Si j’ai besoin si j’ai envie de parler d’une rencontre, elle en renferme plusieurs en vérité, et chaque fois c’est cette impression de charme, de grâce … Inutile d’en dire plus long, je pourrais les compter  sur les doigts d’une main je crois … ou un peu plus. Et si  toutes ces rencontres ne sont pas suivies d’une relation qui dure elles n’en comptent pas moins … retour à l’étincelle, gratitude.

Canamibbo ? sa soeur Nora, au piano

 

  • Vu ce matin une petite vidéo toute sympathique (lien en tête de ce billet) où un chat tout gris jouait du piano … Tout gris pas une rayure, exactement comme ce Canamibbo de moi que nous chérissions, avec Elia, et dont nous nous disputions les faveurs, « t’as pas vu Canamibbo ce soir ? »  alors qu’il était déjà installé pour la nuit ou une partie de la nuit … Canamibbo qui s’est avéré être une chatte alors que nous le croyions matou, et qui n’a pas pu mettre bas des chatons …

 

http://norathepianocat.com/

Elle est partout, Nora, elle parle, elle écrit en tout cas, sur FB, sur Twitter, elle a dû suivre un régime sévère et perdre 4 livres …

Rita Levi Montalcini « Contre vents et marées ».

rita levi montalcini_01

Oui, relu ce livre publié en 1998 chez Odile Jacob. Ce sont dix hommages à des amis disparus, les uns pendant la guerre, le plus illustre est Primo Levi.

Reprenant le titre célèbre, Naufragés et rescapés, Rita Levi Montalcini s’interroge, à propos de chacun de ces dix amis, naufragé ou rescapé ?

http://www.odilejacob.fr/rechercher/?mot=contre+vents+et+mar%C3%A9es

Trois de ces amis sont des femmes, dont deux étaient médecins, Simonetta Tosi, militante de la cause des femmes, de la loi autorisant l’avortement en Italie. Le chapitre consacré à Marcella Nazzaro s’intitule « l’école de la vie » et raconte les débuts brillants, le couple de médecins, les cancers, les combats. Rita Levi raconte avec simplicité et émotion. La troisième femme était photographe dans la vie, elle s’est révélée poète, parfaite inconnue pour moi, Marie de Laude, si attentive aux autres, aux regards, aux visages.

  • En cherchant une photo de la couverture, je retrouve l’autre livre dont je parlais hier, Eloge de l’imperfection. Je ne l’ai plus et j’en chercherais plutôt de nouveaux pour moi.
  • RitaLeviMontalcini_06

Les portraits de Contre vents et marées, des résistants, des révoltés, partout une joie de vivre, qu’ils soient catholiques ou « libres penseurs », elle souligne l’expression, ne dit pas athée.

Née en 1909, quelques mois avant mon amie Andrée qui, elle, catholique fervente et petit bout de femme aussi, je n’oublierai jamais son regard, son énergie, est partie en novembre 2009, quatre mois avant ses cent ans. Andrée était, professionnellement, dessinatrice. Grande sportive, montagne, retraites. Je les réunis toutes les deux parce que je leur trouve une certaine ressemblance, d’abord l’âge et l’amour de la vie, l’ouverture. Rita Levi Montalcini parle aussi de randonnées, de bivouacs, d’émerveillement devant des paysages (chapitre Bon voyage, cher Max, Max Delbrück, le père de la biologie moléculaire).