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blanc et or

Blanc et or, ce sont les couleurs de l’église St Médard, à Brunoy, l’une des rares églises baroques de France. Un lien pour la description :

Lorsqu’elle a ouvert après restauration, on était tout surpris voire légèrement réservé devant cette profusion d’ors, dorure à la feuille, on avait visité le chantier, les éboulis vieille teinte grise et les fragments de ce qui serait la « nouvelle » église, fermée depuis dix ans. De cette quasi-ruine est ressorti un joyau. L’acharnement des architectes des Monuments historiques et des Amis des orgues, de la Ville de Brunoy, ont réussi à obtenir les crédits, la présence de restaurateurs compétents dans un domaine où ils se font rares. Et puis ce fameux orgue Cattiaux, construit tout exprès et le Festival d’orgue, tous les ans en novembre, depuis 2008. Tout cela a été raconté mais je le répète pour dire quel moment nous avons passé tout à l’heure, par un bel après-midi presque estival, sans pluie, un beau rayon de soleil sur les vitraux, le bien-être et la paix de cette église, la beauté de cette musique illustrant des textes – ou l’inverse, disons qu’ils s’accompagnaient mutuellement et pour le plus grand bonheur.

Le thème de la journée, c’était les mythes, création du monde, premier homme … L’intitulé exact : « A l’origine, les mythes ». Des textes de Dominique Proust (né en 1950), de Verlaine, de Knud Rasmussen (1879-1933), et d’Ernest Renan, lus par un jeune comédien, Thibault Jarry. Une très belle lecture, chaude, vivante, attachante.

Parmi les « poèmes saturniens », Les sanglots longs, mais lu et non chanté. La lecture « seule », sans la célèbre musique de Charles Trenet, gagne en beauté et en force. Elle est comme renouvelée.

Musique de Mendelssohn, de Nicola Lebègue, Bach, Valéry Aubertin (né en 1970) et de Buxtehude.

L’organiste est tout jeune, Simon Prunet-Foch, 26 ans et quel talent ! Quelques liens : http://orguesrennes.weebly.com/estivales-2013.html

http://www.ouest-france.fr/lorganiste-simon-prunet-foch-en-concert-la-basilique-731412

http://www.youtube.com/watch?v=i5e_mukGipQ etc …

Une vraie chance de pouvoir écouter ces concerts. Un moment de calme et de paix.

visites guidées, pas à pas

Pas à pas, pas de tags excessifs, ne pas insister, laisser flotter, regarder, l’attention s’éveiller, se déployer, utiliser l’espace, laisser un espace mental libre, un peu de Ouf !

J’aperçois deux lignes de possibilités offertes par WordPress, formatage – le mot honni mais pas lorsqu’il s’applique à un texte. On peut choisir sa couleur, un mot en rouge !  On peut « écrire sans distraction », c’est à dire ??

Si on pouvait lire sans distraction, ce qui est devenu impossible sur Facebook comme un peu partout sur le net, envahis qu’on est de pubs, de meetic et autres séductions. Séduction prend un sens très large, commercial, pédagogique, je t’embrouille, je veux que tu m’écoutes, « je parle sérieusement », le je se déguisant à en perdre la tête. Et je t’explique et j’en rajoute et encore, des fois que …

Un exemple tout récent, le muguet porte-bonheur on l’a  beaucoup vu, cette année, associé à une coccinelle, bien grosse, bien tachetée, est-ce bien nécessaire ? un porte-bonheur, s’il est efficace, vous fait plaisir. S’il en faut en second c’est qu’ils sont tous les deux dévalués, z’ont trop servi les pauvres ! Comme les cœurs à la St Valentin. Comme l’illustration qui accompagne des textes, souvent rimés, poétiques.

Je disais « visites guidées », introductions à … je pense et je pratique ceci, sauter la préface d’un livre, l’ouvrir, sauter à pieds joints, humer, voir de quoi il retourne, flairer, oui. Les expos, les sites visités avec Maurice (je dis son nom, je le vois, je l’entends parler, pas la peine de préciser qui il est etc) oui, une visite avec lui c’est entrez, regardez, libre champ et il parlera après, les questions les remarques viendront naturellement, variées, traduisant l’attention éveillée chez chacun, jamais d’emphase  souvent une pointe d’humour, notre langage actuel regardant un tableau, une scène d’il y a des siècles, et là on se sent de plain pied avec ces personnages souvent de noir vêtus, allez si on invitait Les trois mousquetaires, qui ont été à l’honneur cette semaine !

http://www.franceculture.fr/emission-la-fabrique-de-l-histoire-mousquetaires-44-2014-05-01

Liberté, de regarder, de penser à un truc, un autre, le dire sans avoir peur d’être idiot-e et on s’enrichit de nouvelles connaissances, on pénètre à l’intérieur de mondes lointains ou disparus.

Non, je n’aime pas qu’on mette les points sur les i, qu’on explicite qu’on souligne qu’on encadre, pardon si je le fais en ce moment. Basta ! vive le non-dit, le hors-champ, l’imagination qui s’étale comme une tache d’encre, se faufile joue les nuages !

 

 

Блок – Blok, les douze (poème)

Alexandre Blok m’avait tellement frappée, tellement plu Les Scythes (ce fleuve de poésie, de mots, d’images), Les Douze (la Révolution, tant politique que poétique). Et aussi quelques unes de ses poésies plus courtes, dont une qui s’accordait parfaitement avec une musique de film que j’avais fini par retrouver mais je ne sais plus quel était ce film, anglais je crois, années 30 à 50 …   il me reste la mélodie, et ce texte (http://blok.lit-info.ru/blok/stihi/raznye-1904-1908/054.htm) ; j’ai essayé de la noter, la mélodie ça va, les temps à peu près mais j’écris si mal que je n’ose pas l’ajouter à ce billet, on verra …

Ты и во сне не обычайна

Твоих одежди не коснусь

Дремдю – и за дремотой тайна,

И в тайне ты почиешь Русь

Русь (« Ты и во сне необычайна… »)
РУСЬ   

Ты и во сне необычайна.
Твоей одежды не коснусь.
Дремлю - и за дремотой тайна,
И в тайне - ты почиешь, Русь.

Русь, опоясана реками
И дебрями окружена,
С болотами и журавлями,
И с мутным взором колдуна,

Где разноликие народы
Из края в край, из дола в дол
Ведут ночные хороводы
Под заревом горящих сел.

Где ведуны с ворожеями
Чаруют злаки на полях,
И ведьмы тешатся с чертями
В дорожных снеговых столбах.

Где буйно заметает вьюга
До крыши - утлое жилье,
И девушка на злого друга
Под снегом точит лезвее.

Где все пути и все распутья
Живой клюкой измождены,
И вихрь, свистящий в голых прутьях,
Поет преданья старины...
Так - я узнал в моей дремоте
Страны родимой нищету,
И в лоскутах ее лохмотий
Души скрываю наготу.

Тропу печальную, ночную
Я до погоста протоптал,
И там, на кладбище ночуя,
Подолгу песни распевал.

И сам не понял, не измерил,
Кому я песни посвятил,
В какого бога страстно верил,
Какую девушку любил.

Живую душу укачала,
Русь, на своих просторах, ты,
И вот - она не запятнала
Первоначальной чистоты.

Дремлю - и за дремотой тайна,
И в тайне почивает Русь,
Она и в снах необычайна.
Ее одежды не коснусь.
 
 24 сентября 1906

 

 

 

 

la photo d’une gamine

Une expo consacrée à l’Afrique, faite par un ami qui adore ce continent objet de convoitises, pillé, dominé, depuis des siècles. Bon, Il proposait de choisir une des photos de son album et d’en dire quelques mots. Je me suis arrêtée à la  photo d’une gamine dans les huit-dix ans.

La photo ne m’appartient pas mais elle me fait penser à une gamine que je connais. Et  j’ai envie de parler de cette petite voisine, vive,  intelligente, charmeuse. Elle est née en France, père malien, mère française, et quatre frères et sœurs,  très unis. Elle, rien ne l’arrête, ses grands frères patinent, font du rollers, elle y va. On l’a vue tout en noir, costume de danseuse, sexy, pourquoi pas ! Saut périlleux, sur la pelouse et « regarde-moi », elle enchaîne les sauts, roule par terre, rit, repart, retombe et n’arrête pas ! Ou bien elle saute à pieds joints sur un petit trottoir, du trottoir sur la chaussée et encore et encore, cent fois, deux cents, plus ?

Elle n’avait que trois ou quatre ans, « je sais lire » et, sérieuse comme un pape, traçant des lignes sur une feuille, et racontant ce qui était écrit là. Réclamant, tu m’envoies une lettre, réinventant ce plaisir qu’on a oublié depuis l’avènement du net !

Vous savez quoi ? elle m’épate, comme tous nos petits voisins sportifs, bruyants, joyeux ou en colère, ah ces colères … gnyalika_001b gomnikaw_002b

17 décembre 1984

Ma petite mère, combien d’années que je ne t’ai pas écrit, que je parle de toi à la troisième personne, Mamie ou ma mère, ma petite mère … mais toutes les deux, qui avons échangé tant de lettres, qui avons dit infiniment plus de choses, parlé de tout par écrit plutôt qu’oralement … je me souviens des années ado où les repas à deux se déroulaient sans un mot, c’est moi qui te boudais autour de quatorze ans, l’âge bête dit-on. Et pourtant à la même époque j’avais écrit une rédaction sous forme d’une lettre que je t’adressais et qui avait plu à mon prof de français, Madame Amrouche, en troisième.

Ce dont je te suis le plus reconnaissante c’est de m’avoir appris à lire, avant l’école qui ne commençait qu’à six ans, il n’y avait pas alors de maternelles, les grand-mères étaient là, partageaient la vie de tous les jours. Lire et écrire, je me souviens des manuels de lecture En riant, et je vois encore les lignes d’écriture, les syllabes … Tous les livres choisis pour moi, partagés, d’abord les histoires tous les soirs … et la tradition ne s’est pas perdue ! Puis les livres que tu m’achetais, la Comtesse de Ségur, l’abonnement au Journal de Mickey, combien d’années, les Fables de la Fontaine illustrées, un bel album … ils ont tous circulé, les cousins, puis donnés à la bibliothèque de l’école. Le pli était pris, je vivrais avec des livres, tu fréquentais la Bibliothèque du Souk el-Attarine où tu allais tous les quinze jours faire provision, les nouveautés, les revues les journaux aussi. Tu lisais Les Annales, Marianne, tu m’as vite fait lire les petits livres Didier en anglais et au lycée nous avons été trois à prendre des romans anglais proposés par le prof, Hélène Pavlidès, Zina Mahjoub et moi. Jane Austen, Pride and Prejudice ; et un roman que j’avais beaucoup aimé, acheté chez Saliba, je l’ai conservé longtemps, A high wind in Jamaica, j’ai depuis longtemps oublié le nom de l’auteur, Richard Hughes et je découvre là qu’on en a fait un film.

La bibliothèque que tu as fondée à l’Eurolat, et le plaisir que tu prenais à entraîner les pensionnaires à lire, choisissant les gros caractères, parlant et sachant trouver pour chacun les livres qui lui plairaient et pouvaient leur faire paraître le temps moins long entre les visites des petits-enfants si occupés …

Et me voilà largement retraitée et toujours lisant, rencontrant des amoureux du livre, de toutes les formes de littérature, des écrivains des écriveurs en prose en vers – et contre tous les pleurnicheurs !!

Tiens, je vais t’offrir l’image d’un stylo et quelques vers d’un ami du Maroc, un fin connaisseur de la littérature française, quelqu’un que tu aurais aimé rencontrer. Et je crois aussi que tu aurais aimé le Net et toutes ces ouvertures aux paroles qui se lient …

mourad_elayyadi_002

Demain, je te promets de continuer à t’écrire, nous avons tant de choses à évoquer. Bonne nuit ma chérie, bon long repos « Celui qui croyait au ciel, Celui qui n’y croyait pas »

http://www.poesie.net/aragon4.htm

La Rose et le Réséda

Celui qui croyait au ciel
Celui qui n’y croyait pas
Tous deux adoraient la belle
Prisonnière des soldats
Lequel montait à l’échelle
Et lequel guettait en bas
Celui qui croyait au ciel
Celui qui n’y croyait pas
Qu’importe comment s’appelle
Cette clarté sur leur pas
Que l’un fut de la chapelle
Et l’autre s’y dérobât
Celui qui croyait au ciel
Celui qui n’y croyait pas
Tous les deux étaient fidèles
Des lèvres du coeur des bras
Et tous les deux disaient qu’elle
Vive et qui vivra verra
Celui qui croyait au ciel
Celui qui n’y croyait pas
Quand les blés sont sous la grêle
Fou qui fait le délicat
Fou qui songe à ses querelles
Au coeur du commun combat
Celui qui croyait au ciel
Celui qui n’y croyait pas
Du haut de la citadelle
La sentinelle tira
Par deux fois et l’un chancelle
L’autre tombe qui mourra
Celui qui croyait au ciel
Celui qui n’y croyait pas
Ils sont en prison Lequel
A le plus triste grabat
Lequel plus que l’autre gèle
Lequel préfère les rats
Celui qui croyait au ciel
Celui qui n’y croyait pas
Un rebelle est un rebelle
Deux sanglots font un seul glas
Et quand vient l’aube cruelle
Passent de vie à trépas
Celui qui croyait au ciel
Celui qui n’y croyait pas
Répétant le nom de celle
Qu’aucun des deux ne trompa
Et leur sang rouge ruisselle
Même couleur même éclat
Celui qui croyait au ciel
Celui qui n’y croyait pas
Il coule il coule il se mêle
À la terre qu’il aima
Pour qu’à la saison nouvelle
Mûrisse un raisin muscat
Celui qui croyait au ciel
Celui qui n’y croyait pas
L’un court et l’autre a des ailes
De Bretagne ou du Jura
Et framboise ou mirabelle
Le grillon rechantera
Dites flûte ou violoncelle
Le double amour qui brûla
L’alouette et l’hirondelle
La rose et le réséda

Louis Aragon

Extrait de
« La Diane Française »
édition Seghers

O’Brother, des frères Coen

Vu hier soir sur ARTE ! quel beau film, pas un moment d’ennui ! actions, vraies gueules et pourtant elles sont un peu stéréotypées, les méchants ont vraiment la gueule de l’emploi, les candidats aux élections, poste de gouverneur d’un état ! ils sont affreux, obèses, fats, méprisants,  tout ce qu’on voudra mais ça marche. Et les trois évadés … Georges Clooney superstar, et les deux autres à côté, qui ne font pas le poids et donc valorisent le héros entre les héros  …Ces scènes de remords, plus ou moins sincères, les superstitions, les frayeurs et les miracles ! Il y a tout dans ce film, et quelques coups de théâtre, des retrouvailles, Pénélope ne l’aura pas attendu, un prétendant ridicule  mais qui fait de la résistance, des vidages, des vols, des hold-up caricaturaux. Une certaine Amérique profonde …

J’avais vu le film au Palace, et il me restait l’image des évadés encore enchaînés, courant et se cachant dans les champs de maïs. Mais c’est tout, et je revois cette image sur l’écran du Palace, tout le reste a été oublié !

Et surtout j’avais oublié les chansons, les Culs trempés, les Les Soggy Bottom Boys, c’est bien ça ? quel groupe magnifique, et le public qui réagit !

http://www.dailymotion.com/video/x6di5f_soggy-bottom-boys-i-am-a-man-of-con_shortfilms

http://www.dailymotion.com/video/x6di5f_soggy-bottom-boys-i-am-a-man-of-con_shortfilms

http://www.dailymotion.com/video/x8vire_les-culs-trempes-soggy-bottom-boys_music

http://www.dailymotion.com/video/x10wqdm_the-soggy-bottom-boys-i-am-a-man-of-constant-sorrow-karaoke-version_music

  • Un article de l’Obs:

http://teleobs.nouvelobs.com/la-selection-teleobs/20131105.OBS3948/o-brother-homere-revu-et-corrige-par-les-freres-coen.html

ce nom de nataf …

le 15janvier 2014, je recopie ici des parties de pages perso mais les liens ne seront pas valides. Je vais essayer de les mettre à jour  …

http://ogonyok.free.fr  (fonctionne). Voilà, si on arrive sur le site ogonyok on doit pouvoir ouvrir les autres liens, sur le web. Sur le blog ils sont invalides.

—-

On a beau ne pas croire aux particules et autres ornements, le jour où on découvre quelque chose qui mette son nom en valeur, on piaffe, on fume … Et voilà qu’en parcourant un dictionnaire (hébraïque) des plantes de la Bible, je découvre que la racine N T F forme entre autres mots celui d’une des plantes de l’encens du Temple ! faut le débiter tout d’une traite, l’encensduTemple (premier ou second, non précisé, mais « est-ce bien nécessaire » ?) Et cette plante est le styrax, ou « liquidambar« , arbre décoratif, issu de pays chauds, et qui a des propriétés (la racine du liquidambar, je veux dire) antiseptiques, et tout particulièrement pour les bronches … ce qui faisait bien mon affaire …

    Et voilà, dans une concordance en français, celle de la TOB, les emplois du verbe et du nom commun « nâTaf ; nâTâf ». Le « T » correspond au deuxième « t » de l’hébreu », la neuvième lettre de l’alphabet, TeT.

Une autre source, le site http://membres.lycos.fr/jattal/    indique :

NATAF : nom d’origine hébraïque nataf signifiant benjoin (résine aromatique tirée du styrax), et par extension parfum.

et encore un : http://www.sefarad.as/alfabeto.htm

qui nomme les lettres de l’alphabet et explique leurs noms, avec un petit plus pour le « tet » qui porte bonheur s’il apparaît en rêve :

  • … la nun tiene dos formas. Una para cualquier parte de la palabra, con forma encorvada; y otra para los finales de palabra, recta.
  • La letra Tet está escrita en la Torá por primera vez en la palabra Tov,bueno. El Talmud nos dice que aquél que ve en sueños una Tet, es señal de algo bueno.
  • Esta letra por su nombre Peh hace alusión a la boca de la persona, en hebreo « peh« .
    _ _ _ _ _

Quelques liens, un moment j’ai rassemblé des informations sur le nom, et sur la famille à Tunis

  1. http://ogonyok.free.fr/textes/origines/textes/icilio_9.htm
  2. http://ogonyok.free.fr/textes/origines/textes/nat_lenom.htm
  3. http://ogonyok.free.fr/textes/origines/textes/nat_lenom_2.htm

On me demande parfois si tel ou telle Nataf est de ma famille et je dis toujours non. Les fils de mon cousin Jojo sont au Raincy et à Marseille, Maurice et Félix. Sa fille qui est devenue Madame Cherki, est à Marseille aussi.

J’ai raconté la ferme, Beaulieu, sur de vieilles pages perso, j’en reprends des passages sur ce blog, histoire de les faire circuler.

  • Et voilà (décembre 2013) qu’apparaît un cousin féru d’arbres généalogiques … vite des liens, voir sur mon ordi, C:\Users\Gilda\Documents\ludiques\lafamille_origines

prénom Ika (Sarika)

ika_portrait_2

  • Oui, hier c’était l’anniversaire de ma petite mère, et une amie m’a demandé quel était son prénom … Réponse en trois temps, le prénom reçu à la naissance, à Salonique, alors ville de l’Empire ottoman, Sara (sans h), celui qu’elle a reçu ou choisi en devenant française, Suzanne et le diminutif qu’on lui a donné  … Comment, pourquoi ce diminutif ? Sara était une  Jeune instit envoyée à Tunis par l’AIU pour « évangéliser » de manière très laïque les enfants juifs supposés analphabètes. L’AIU c’était l’Alliance israélite universelle, qui a joué un grand rôle dans la scolarisation, l’apprentissage du français au Maghreb. Elle débarque donc à Tunis après ses quatre années de pensionnat à Paris. Elle découvre Tunis à la rentrée 1910 et se lie avec des collègues, dont ma tante, sa future belle-sœur, Ida Nataf, mariée à Rémy Hakim, tous instit et futur directeur d’école de l’Alliance.  En 1914, le 6 mars, naissance de  Flora Hakim, de Flora à Florika il n’y a qu’un pas, vite franchi par Sarika, amie de la famille, et quand Flora commencera à parler, à son tour elle dira Ika en réponse à ce diminutif … Et Ika va devenir le prénom usuel de celle qui des années plus tard sera Tante Ika.
  • http://ogonyok.free.fr/textes/origines/textes/tante_ika_2.htm
  • et voilà des roses, envoyées par Anik, Anik qui m’a demandé « quel était son prénom » …
  • https://www.facebook.com/photo.php?fbid=10151780616248468&set=p.10151780616248468&type=1&theater

dimanche premier septembre

lettre_mamie_4Evoquer ma petite mère pour son anniversaire … Puiser dans les pages perso écrites entre 1997 et 2004, alimentées de photos tirées de ses albums.

Et d’abord une lettre, une des rares qui me soient restées … son écriture claire, régulière, une lettre où elle parle de la Bibliothèque, avec majuscule oui ! celle du Souk el-attarine, son lieu de prédilection, de curiosité, de liberté parmi les livres et la salle des fichiers, véritable trésor. Je me souviens qu’elle m’y emmenait parfois pour choisir à mon tour … pour m’initier au fonctionnement des fichiers, elle m’avait dit « je vais demander à madame Bastide de t’expliquer …

…. … la suite ce soir

souvenirs vieux de 49 ans, sept fois sept

Ce matin, brusquement un souvenir, clair, comme si c’était tout récent, la cafète du Métroploe … en 1964 à Moscou, ce grand hôtel un peu beaucoup réservé aux étrangers, à l’époque je ne savais pas qu’il existait un mot pour désigner les occidentaux, l’occident, les soviétiques disaient « capstran », les pays capittalistes.

1964, c’est l’ère Khrouchtchev, qui va s’achever en octobre par la mise à l’écart de Nikita Serguéyevitch, (Nikita Sergueitch on prononce). Mais en août, pour mon premier voyage à Moscou, le dégel bat son plein, et je fais partie de ces étrangers très bien accueillis, venus dans le cadre des « échanges d’amitié » entre les peuples, voyage France-URSS, une de ces associations reçues et fêtées à la Maison de l’amitié – Dom  droujby, Дом дружбы, rencontres, photos, le tout très encadré. J’apprendrai plus tard que ces photos sont destinées à des fichiers etc.

Pour l’instant je suis dans le dernier groupe de apprenants, le septième, débutants. Nous sommes six ou huit, je ne sais plus, c’est vieux, mais en tout cas un très petit nombre et chouchoutés, on apprend vite, quatre heures le matin, lecture grammaire puis une heure de prononciation. L’heure de prononciation nous fait découvrir qu’il y a dans notre petit groupe un licencié de russe ! un prêtre, qui a tenu à être avec les débutants et en fait il prononce très mal et comme il n’est plus très jeune il a du mal. Je correspondrai avec lui au retour, pendant quelques années.

L’école est en plein centre de Moscou, rue Herzen, oulitsa Guertsena – улица Герцена –  à deux pas du Conservatoire de musique, le Conservatoire Tchaïkovski,  имени Чайковского (du nom de Tchaikovski). Cours de 9 heures à 13 heures avec de petites pauses entre les heures et une plus grande à onze heures, le temps de se retrouver entre français des différents groupes et de faire de nouvelles rencontres. Une partie des cours se passe avec des étudiants venus d’autres pays, je me souviens d’un japonais qui rencontrait d’autres difficultés à prononcer et ça nous faisait rire ce déplacement des difficultés de la prononciation du russe. Et puis il s’inclinait, il saluait! à la fin de ses phrases ! En fait nous apprenions à demander notre chemin, prendre le métro, « vous descendez à la prochaine ? » … вы не схолите, пожалуйста ? – vous ne descendez pas, s’il voua plaît ? – et ce mot, пожалуйста, qui nous semblait si difficile à lire quand nous apprenions, un peu, à Paris ou ailleurs, à Moscou il se lisait tout simplement pajalsta !!

Nous avons plusieurs petits manuels, très bien faits, exercices. On corrige ensemble le travail « fait à la maison », c’est très plaisant, on progresse. « La maison » c’est le grand hôtel où nous sommes logés, à l’intérieur de Vé Dé Enn Kha – В Д Н Х – l’immense Parc des Expositions, les Expositions de l’Union soviétique, les réalisations économiques, que bien sûr nous visitons. Et là nous sommes mélangés, mêlés à des soviétiques, venus eux aussi visiter la capitale et В Д Н Х. Assez surprenant, aux douches, sans portes ou portes pas fonctionnelles, on se retrouve avec des soviétiques, chahut, familiarité, je me crois revenue au hammam à Tunis ! j’aime beaucoup.Les chambres sont en haut, tapis dans l’escalier et à l’entrée de chaque couloir, à chaque étage, une dejournaya – дежурная – l’employée « de journée », qui est de garde et lit beaucoup. Étonnée de la voir livre nos classiques, très bon niveau pour une personne qui a un emploi modeste ! on ne verrait pas ça en France, en 1964. Notre dejournaya est très gentille, toute disposée à bavarder, avec le peu de vocabulaire dont je dispose, mais on se comprend !
De В Д Н Х nous prenons le métro tous les matins pour nous rendre au centre, oulitsa Guertsena, et le midi (à une heure) nous allons à pied déjeuner au Métropol’.- la suite tout à l’heure : « le Métropole, grand hôtel moscovite ».