Posts Tagged ‘parler’

un père à retrouver

  • Ce soir pas de radio, grève illimitée. C’est donc moi qui vais parler de France Culture, et particulièrement des Pieds sur terre, et d’une personne qui racontait, – je crois bien que c’était mercredi, le 18 mars – qui racontait sa vie, avec ce problème de s’entendre dire un jour tu sais, ce n’est pas ton père ». Elle disait avec beaucoup d’émotion le poids de ne plus savoir qui on est, à quoi peut ressembler ce père biologique qu’on vous balance avec d’autres révélations. Et un jour la rencontre, qui bouscule et qui soulage, qui peut dénouer des incertitudes étouffantes. C’est la dernière des personnes qui racontent un regret.

Le lien sur l’émission : http://www.franceculture.fr/player/reecouter?play=5012937

  • Et puis je repense à un petit livre que j’ai beaucoup aimé, Le citronnier, de Samantha Barendson. Là aussi recherche du père, mystères à élucider, murs de silence.
  • Et je découvre, en cherchant une illustration, que Le citronnier a sa page Facebook, où je pique deux liens. Merci. Ils disent mieux que moi …

https://www.facebook.com/lecitronnierbarendson

 

  •  Ces deux récits, brefs et si riches, sont de ceux qui vous marquent.
Publicités

Trente ans, Mamie

ika_portrait_2ika_janv57_2tricot_001Elle est née le 1er septembre 1892 à Salonique (Empire ottoman à cette date). Une longue vie de quatre vingt-douze ans, jusqu’au 17 décembre 1984.  Elle est partie ce jour-là, à l’hôpital d’Evry,  elle était seule, ma cousine Jeannot dans le couloir. Je l’avais vue la veille, elle pouvait parler, faiblement. Elle avait eu un AVC, le 11, à table le soir,  à la maison de retraite où elle était depuis janvier 1973.

Le moment est venu de dire « deux ou trois choses que je sais d’elle » : née à Salonique donc, sa mère institutrice puis directrice d’école, son père je n’ai jamais su. Il est mort jeune, elle avait quinze ans et était déjà boursière à Paris, boursière de l’Alliance (l’Allianve israélite universelle, l’AIU), qu’elle servira pendant 37 ans, à Tunis. Un petit bout de femme, pleine de vie, d’énergie, généreuse, large d’esprit, ne se mêlant pas de ragots, passionnée de littérature, de piano, un peu jeune fille du 19e, du XIXe puisqu’il s’agit de siècle et non d’arrondissement.

Elle est arrivée à Tunis pour la rentrée d’octobre 1910, après avoir vécu la grande inondation de Paris 1910. Les premières années elle a eu les petites classes, le primaire, des orages avec les directrices puis le cours complémentaire, où elle s’est épanouie, enseignant le français, l’histoire géo, un peu d’anglais (un enseignement facultatif je crois, dans ces classes, et aussi le solfège. Elle a commencé à étudier le piano vers 18-19 ans, louant un piano (chez Bembaron, le grand magasin de musique) et elle a été passionnée, passant des heures, pas au-delà de 22 h, gare aux voisins. J’ai encore ses cahiers de piano, les Sonates de Beethoven en deux volumes, celles de Mozart, des Czerny, Clementi et autres Pischna, portant toujours en haut à gauche de chaque morceau la tonalité, la relative … Elle a voulu me faire étudier le piano aussi, gamine, la Méthode rose, puis de petits Bach que je ne pouvais pas voir ou entendre, m’en prenant aux noms de danses, gigue … J’ai dû faire trois ans de piano « petite », puis reprendre vers les treize ans, arrêter encore et repartir avec fougue à seize, au moment du bac. Ceci comme parenthèse piano.

Je me souviens, et je l’ai raconté, la Libération en mai 43, et elle au piano accompagnant les gars qi chantaient, dont ce français de la 8e armée britannique,  Le chant des cerises comme un symbole de la liberté retrouvée …

A cette époque-là, Vichy, elle allait régulièrement emprunter des livres à la Bibliothèque du Souk el-attarin, la grande bibliothèque, monumentale, silencieuse, elle m’avait emmenée quelquefois pour m’initier aux fichiers et présentée (« ma fille’) à la bibliothécaire, Mme Bastide. Elle avait renoncé à acheter ses livres depuis le jour où, retour de vacances, elle n’avait pas retrouvé les caisses qu’elle avait confiées à quelqu’un … Et nous avions donc, à la maison, à Tunis, une immense étagère jusqu’au plafond (et ils étaient hauts) mais ans presque plus de livres pou remplacer ceux qui avaient été volés. Je crois que le sentiment de trahison devait égaler la perte de livres aimés … Ce truc-là, faire confiance, elle me l’a communiqué et plus tard à Philippe …

Voilà, ce sera tout pour aujourd’hui … quelques photos …

Eurolat_76d

 

 

 

 

est-ce que ça te plaît ?

Je crois bien que c’était la première fois qu’on me demandait « ça te plaît ? » Je lisais Les souffrances du jeune Werther et non, ça ne me captivait pas mais il y avait « un must » comme on ne disait pas alors. Je devais avoir autour de quinze ans, une sorte de respect obligé envers les classiques et là … Je le trouvais un peu longuet, j’ai retenu l’cette histoire de vêtement qui représente la rencontre avec Charlotte …

http://www.franceinter.fr/emission-ca-peut-pas-faire-de-mal-saison-2011-2012-les-souffrances-du-jeune-werther-de-goethe

Werther est loin, reste la question, le jugement résumé à oui ou non, il y a un jeu de pile ou face et il arrive qu’on regrette d’avoir fait ce choix, influencé par le ton, la personne qui attend, et qui va par la même vous juger,  ah tu es de ceux qui  … la belle affaire ! En général j’esquive, je brode tel argument mais …etc. Et pourtant de moi à moi, j’ai bien de ces sympathies ou l’inverse, irritée par certains mots ou intonations, qui à la longue s’agglomèrent et semblent devenir des tics de langage. Et si c’était moi qui captais, orientée, certains de ces mots, et que je fabriquais des audio-tics ? Bon, pas pour aujourd’hui …

Sur les pages FB il y a des moments délectables, une réplique, le plus souvent dans les comm, où on est plus spontanés que sur un statut, qui a rang de déclaration,  personnelle ou citation. Non, les comm, il en est de jubilatoires, et des fois ils s’enchaînent, ping-pong de jeux de mots, plaisir. Plaisir de la surprise, et à la fois reconnaissance, ah oui, il/elle ne l’a pas raté, je le/la reconnais bien. On est dans la surprise et le familier, un peu étonné un peu un terrain connu.

Et c’est fichu pour mon histoire de surprise. Je m’étais faite à l’idée que j’aime bien ce qui est surprise, et j’ai des souvenirs précis d’une phrase qui m’a plu plu plu parce qu’elle était inattendue. Est-ce que c’était le contexte ? Le choc plaisant, jubilatoire, une reconnaissance envers celui/celle qui lance cette phrase comme un appât et je mords,  sans remords. Et j’aime, j’aime le mot, la voix, le climat. C’est vrai pour du vécu, en direct, et pour une émission radio, un film, on adhère, on reçoit quelque chose de bénéfique, la joie …

Retrouver, retrouvailles, hier soir en lisant une sorte de préface au Livre des Délices, un roman du 13e siècle, écrit en hébreu à Barcelone déjà saisie par la Reconquista, rois catholiques. Un roman inspiré de ou calqué sur Kalila et Dimna … et l’introduction nous entraîne, voilà des nom connus, presque familiers … un livre à laisser sur la table, pas sur ou dans une pile, accessible. Et j’ai aussi sorti le beau gros livre cosigné, codirigé par Abdelwahab Meddeb et Benjamin Stora, l’histoire des relations entre juifs et  musulmans, à consulter, à feuilleter, s’arrêter où ça se présentera, entendre comme si on vous contait des histoires, retomber en enfance, en pays d’origine …

meddeb_stora_001

 Se laisser surprendre, attendre, jouer, être le jouet … c’est vivre sans penser à un  long fleuve tranquille. Et, goût amer, celle qui me demandait « ça te plaît » ? s’en est allée, vie brisée malgré les apparences, à quarante ans, il y a soixante ans. Repose en paix, toi qui aurais eu cent ans cette année.

une journée tout ordinaire

qui estcePas comme celles de l’ami Meridien https://www.facebook.com/notes/meridien-ahmed/journ%C3%A9e-particuli%C3%A8re-25eme-partie/10152838974382244

Non, une journée de retraitée tranquille, qui a la chance de ne pas s’ennuyer, de rencontrer des amis, des réels et des FB …

Commencer au lever ou au petit moment de lecture la nuit ? on se lève, appel du café, gestes machinaux, écouter la radio, il y en a une dans chaque pièce, selon les jours c’est la fin des Matins de France Culture ou l’émission qui vient après, La fabrique de l’Histoire, à dix h je change de radio, France Musique, allumage de l’ordi, petits va-et viens ordi cuisine – sortir ce matin ? parfois, oui, et alors il faut un peu se remuer, pas traîner. Si je m’assois à l’ordi c’est fichu je ne bougerai pas avant midi, une heure même et un peu plus.

Il y a les jours de soins au balcon, arroser, baigner (azalées), et des fois balayer, c’est fou ce que ça se remplit de feuilles, de débris, un balcon ! déplacer quelques escargots un peu trop gourmands, je les envoie au jardin mais ils reviennent, ces chers. Pour les limaces, pas de pitié. Et il y a Madame la Fougère, exigeante, elle vit à l’intérieur, pas loin d’une fenêtre, elle trône. Pour elle pas seulement un bain tous les deux-trois jours mais aussi la douche, tout doucement, longuement, qu’elle s’imagine être sous la pluie, elle reverdit.

En permanence, la radio ou Spotify qui me laisse choisir ma musique, mais beaucoup la radio, compagnie, source d’informations, éveil à toutes les curiosités, les vies ordinaires ou pas. Ce matin, samedi, Concordance des temps, en semaine La Fabrique de l’Histoire et tant d’autres. J’aime les émissions de Laure Adler le soir, Hors Champs. Je regrette fort que celle d’Alain Veinstein,  Du jour au lendemain,  ait été supprimée et qu’on ne puisse même pas l’avoir en réécoute. La radio, ce sont des voix très chères qui la composent, elles tissent votre vie en toile de fond.

Lire ? surtout le soir, la nuit même, sur le coup de 3-4 heures du matin il m’arrive souvent d’être tout à fait réveillée et c’est alors une à deux heures de lecture, tranquille, pas de bruit, ce sont les meilleures lectures, celles que je ne fais pas dans la journée, qui me paraissent difficiles. Et il y a aussi tous les textes des amis FB, les poètes,  ceux qui chroniquent, qui écrivent, ,décrivent.

La famille, elle est réduite, quelques coups de fil ou de rares visites mais on sait qu’on est là et il y a tous les souvenirs tous ceux qu’on a aimés.

De quoi est faite une journée encore ? de mille petits riens, un colis, la vaisselle, le marché le dimanche et parfois jeudi, un truc à essayer style bricolage, et c’est pas mal aussi quand ça marche !

Je pense à ce livre « une vie d’algérien, est-ce que ça fait un livre que les gens vont lire ? » … un livre années 70 …

Éditions du Seuil, 1973 – 184 pages

les faux, les vrais et ceux qu’on ne sait pas

Voilà, des fois on lit quelque chose d’intéressant, surprenant, oui très intéressant et puis on apprend que c’était une blague, un hoax si cette info ou ce message vous arrive en ligne. Alors alors on devient méfiant, au coup suivant on marche, ou pas, mais on ne sait pas bien comment déterminer si on est face à un vrai ou son contraire.

Voilà, voilà … Y croire ou pas, en avoir ou pas, des amis sur FB …

 

Je ne sais pas, mais dans ma petite cervelle à trous (de mémoire, et divers), ce genre de questions vient rencontrer un questionnement autrement intéressant, posé dans ANNONCES, un film de Nurith Aviv.

http://www.cinetrafic.fr/film/39077/annonces

http://www.premiere.fr/film/Annonces-Documentaire-3792820

Les annonces sont ces grands évènements dont parlent les écrits des livres sacrés. Et voilà que la dernière des sept femmes interrogées par Nurith Aviv, Barbara Cassin, commence par parler de son beau prénom, Barbara la barbare et parle des dieux de l’Olympe, ces dieux au pluriel et sans majuscule donc. Je dis donc parce que majesté, unicité, d’où La Vérité.  Ecoutez la parler des vérités, à égalité, multiples. De cette Vérité unique et des autres, concurrentes mais qui peuvent se tolérer, tout en se disputant.

En fin de film c’est la réalisatrice qui vient devant la caméra et qui dit « je suis née dans ce pays … »

 

– Voilà, à côté de ces questions, de ces histoires, mon affaire de ce matin, savoir si une personne qui m’invite sur FB est la vraie personne ou un double, un multiple, après tout …

Une photo ? pourquoi pas Humphrey Bogart …

humphreybogart

 

 

 

 

 

Gary, Huston, Romain Nancy et les mensonges

Mais qu’est-ce que ça veut dire « il ment tout le temps » ! Nancy Huston a pris sa loupe pour décortiquer examiner – c’est son droit ! – le double cd sur Romain GARY. Elle est venue en parler dans L’atelier du son, vendredi dernier, le 20 juin.

http://boutique.ina.fr/cd/entretiens/entretiens-litterature/PDTINA001865/romain-gary.fr.html

http://sites.radiofrance.fr/radiofrance/kiosque/fiche.php?id=2343

 

On entend un extrait du cd, la voix de Romain GARY, une si belle voix et voilà, d’entrée Nancy Huston annonce qu’elle ne l’a jamais aimée, cette voix, qu’elle sonne faux et elle poursuit avec une avalanche de Gary ment, se contredit, se vante etc.

Moi pas contente, touche pas à Gary ! Et pourtant, Romain Gary du temps où il était célèbre, Lady L à Apostrophes, grand tra la la, je ne l’ai pas lu. J’ai lu Ajar, applaudi, comme tout le monde ou comme beaucoup. Mais j’avais un trou à Gary, je savais que etc mais ne le lisais pas. Et puis c’est venu, je ne sais plus exactement par quoi ça a commencé, sans doute par Education européenne, offert à Philippe par sa grand-mère ashkénaze, choc ! J’avais aussi lu un petit hommage à De Gaulle, Ode à celui qui fut la France (je cite à peu près). Et un jour, je tire Lady L de la bibliothèque – pas la mienne, où il y avait des Romain et des Gary et des Promesses de l’aube, Racines du ciel etc … passionnée. Peu après je découvre La danse de Gengis Cohn, plein de petites phrases en yiddish, un sourire malicieux tout le temps, langues mélangées le yiddish en incises ! plaisir !

http://www.franceculture.fr/oeuvre-la-danse-de-gengis-cohn-de-romain-gary.html

http://www.franceculture.fr/quelisentils/avis/la-danse-de-gengis-cohn

Au fait, de quoi on parle ? de qui, justement … Nancy Huston, c’est une grande, appréciée, célébrée et tout. Sauf que je n’aime pas trop … alors partiale ? c’est possible et pourquoi pas ?

Juste une petite chose, s’il ment tout le temps, d’abord on s’en fout, il raconte, ses personnages sont souvent sinon toujours de grands bonimenteurs, un talent fou et une inquiétude encore plus folle. Bon, le lui reprocher ou pas, à chacun de choisir.  Quand il dit qu’il a été Compagnon de la Libération c’est vrai, authentique, et alors on ne peut pas le lui imputer comme quelque chose de trop.

Voilà. Gary n’est pas « trop », il est magnifique, c’est tout.

 

Cette petite restriction exprimée, j’aime beaucoup l’émission …  http://www.franceculture.fr/emission-l-atelier-du-son-le-son-dans-les-ecoles-d%E2%80%99art-%20-la-voix-de-romain-gary-avec-nancy-huston-20

 

 

ballon rouge

Je pense, moi ? pas sûr ! ou alors comment, sur quoi ça s’appuie, l’impression de penser …

Ce matin dans mon lit, j’allume la radio, France Culture, ça parle et j’écoute mais plus ou moins. Je me retrouve en train d’écrire, de décrire une image, que je vois très précisément : c ‘est une photo, NB, un couple, l’hoomme tient sa bicyclette équipée d’un grand panier, porte-bagages (c’est le panier qu’on voit dessiné lorsqu’on veut faire des achats sur internet). De l’autre côté du vélo, la femme, elle hésite à donner le bras à l’homme et appuie la main sur le panier, se solidarisant ainsi de l’homme mais pas tout à fait, il y a l’intermédiaire, panier plus vélo.

Dans mon rêve semi-éveillé je suis donc en train d’écrire, au clavier, et j’ai une phrase calquée sur une lecture, et j’ai écrit « tout soudain ». « Tout soudain », je l’ai lu il y a deux trois jours, qui annonçait la parution d’un livre. Je ne sais pas la suite de la phrase, j’étais la relisant, voulais la modifier mais quelque chose me gênait, se mettait en travers.

Qu’est-ce qui m’empêchait de rectifier, de compléter cette phrase ? la radio ? c’était l’émission Terre à terre, de Ruth Stégassy. Radicale, et tenant à écrire la suite, je coupe la radio et aussitôt, l’image que je voyais si bien s’évanouit, et ma phrase avec. La voix que j’entendais me servait de support, pour  voir, pour  écrire pour penser. J’ai rallumé et l’image est réapparue !

Besoin de faire deux choses à la fois ? de lutter contre ? je n’ai pas l’impression de lutter mais bien de m’appuyer, d’avoir un support indispensable, nécessaire pour me sentir exister. J’écoute donc je suis. Bien sûr il n’est pas question de se mesurer à  Descartes et d’ailleurs la célèbre formule est souvent reprise et adaptée à des pubs.

Un peu plus tard, je suis debout, la radio m’accompagne toujours, Répliques : ce matin on parle de Montaigne, deux invités, Pierre Manent et Frédéric Brahami. Montaigne, ce continent ! Monique Chambaud, son père, le lisaient le relisaient sans cesse et moi, je commence, lis qq jours puis passe à autre chose, et me propose toujours (ou seulement furtivement) de m’y mettre …

http://www.franceculture.fr/emission-repliques-penser-avec-montaigne-2014-04-05

Une phrase me frappe, je cite comme je peux : Montaigne fonde la littérature ;  il dit c’est en écrivant que je deviens moi-même. Il faut que je retrouve cette phrase, reprendre Répliques.

 

Et, en écoutant Finkielkraut et ses deux invités parler de Montaigne, je balaye, oui, pelle, balai, les poussières se voient bien quand un rayon de soleil vient les illuminer. Je balaye et j’écoute et je me dis des tas de choses, ce que je crois être « penser ». Ce qui m’importe c’est ce support. Sans la radio, sans prêter l’oreille, je n’existe pas.

Et il y a des années, je peux dire toujours, j’écoute la radio, je « mets » la radio et j’en vis. Elle me porte. Hier soir c’était une évocation de Walter Benjamin, prononcé Binjamin et Bennyamine, et ça marque l’époque … Un moment la voix, le raisonnement de Stéphane Hessel cherchant à identifier la voix de « Bennyamine » qu’il a connu. L’entrecroisement des voix actuelles, l’évocation de voix d’avant, moi qui écoute et vaque à mes occupations ou flotte … Attrape le ballon, je le veux. Mais il s’échappe.

http://www.franceculture.fr/emission-l-atelier-du-son-ramuntcho-matta-%20-philippe-baudouin-pour-les-ecrits-radiophoniques-de-walt

Onze heures ! Stop !