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trente ans et un jour …

C’était hier, commencé à raconter ma petite mère, j’en étais restée aux années 20, institutrice depuis plus de dix ans déjà.

Je reprends dix ans plus tard, nous habitons Beaulieu, une ferme à seize kilomètres de Tunis, mon père est devenu l’associé de son frère Félix (zio Felice) qui, français, a eu droit à un lot de colonisation. Mon père n’obtiendra sa naturalisation qu’après la guerre. Ma mère doit donc faire le trajet quotidien de Beaulieu à Tunis, je ne me souviens pas qu’elle ait été absente plusieurs soirs de suite. Et ce pendant les deux années où je ne vais pas encore à l’école. Une fois scolarisée, nous occupons un grand appartement au-dessus de l’école de garçons où elle enseigne, et nous le partageons avec le plus jeune frère Nataf, Luciano, zio Lou, et sa famille. Il y a quatre pièces et la salle à manger, une chambre pour Jojo, le grand cousin qui va en classe, deux pour la famille Tante Marthe Zio Lou et leurs trois enfants, une pour ma mère et moi, mon père ne venant qu’une fois par semaine, le mercredi. Le vendredi soir, on regagne Beaulieu pour le week-end. A Beaulieu on retrouve aussi ma grand mère Doudoun, venue de Salonique autour de 1924-25.

Mes parents et moi n’avons jamais eu de logement pour nous seuls, partageant avec un frère Nataf à Beaulieu et l’autre à Tunis. L’aîné des frères, zio Beppino, avait disparu en revenant d’Italie, bateau torpillé.

Cette cohabitation a fait que ma mère ne s’occupait jamais de faire la cuisine, sauf quelques plats légers qu’elle préférait à la cuisine tunisienne de mes tantes, deux cordons bleus. Elle s’est mise à cuisiner une fois à la retraite, et quand ils ont eu deux pièces indépendantes à Beaulieu, nouvelle construction, un étage au-dessus de pièces non habitées, un poulailler et je ne sais plus quoi d’autre.

Je me souviens du secrétaire dans la chambre de ma mère, un grand meuble surmonté de deux immenses bouteilles de vin à moitié pleines, qui étaient celles qui avait accompagné la célébration de leur mariage. La partie écritoire du secrétaire nous accueillait toutes les deux, ma mère et moi, elle me laissait le grand côté et corrigeait ses copies en se tenant sur le petit côté. A dix heures on éteignait et elle travaillait encore le matin dès cinq heures, préparation des cours, rapport trimestriel adressé à l’Alliance.

Elle avait de grands élèves, certains jusqu’à seize ans, en 3e et 4e, préparation au Brevet. Certains « continuaient » après au lycée. Les classes comptaient jusqu’à 48 élèves, et elle tenait tout ce monde, dictées, grammaire, rédaction. Elle aimait me faire lire les devoirs qui lui avaient plu. Et, à côté, il y avait ses cours de géographie. On étudiait les cartes et elle avait eu l’idée de provoquer une émulation dans le dessin des cartes et parmi ses élèves il y avait de véritables artistes, chacun son style, les couleurs, les noms. A qui mieux mieux.

En français aussi, elle avait d’excellents contacts avec ses élèves. Ils avaient monté une petite troupe, l’Essor, et chaque année, un Molière.

On parlait beaucoup d’école, de livres, de théâtre. C’était une vie rigoureuse, sobre. Quand sont venues les restrictions, pendant la guerre, jamais elle n’a envisagé le moindre achat au marché noir. C’était impensable.

Rigueur de ma grand mère aussi, ex directrice d’école à Salonique !

– Une photo prise bien des années après son départ à la retraite (1947), en 81 chez « un ancien élève », comme elle aimait à dire. Elle est avec son collègue Temam, bien plus jeune qu’elle, le prof de maths physique et chimie. A eux deux ils avaient des résultats extraordinaires au Brevet !

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à suivre

Trente ans, Mamie

ika_portrait_2ika_janv57_2tricot_001Elle est née le 1er septembre 1892 à Salonique (Empire ottoman à cette date). Une longue vie de quatre vingt-douze ans, jusqu’au 17 décembre 1984.  Elle est partie ce jour-là, à l’hôpital d’Evry,  elle était seule, ma cousine Jeannot dans le couloir. Je l’avais vue la veille, elle pouvait parler, faiblement. Elle avait eu un AVC, le 11, à table le soir,  à la maison de retraite où elle était depuis janvier 1973.

Le moment est venu de dire « deux ou trois choses que je sais d’elle » : née à Salonique donc, sa mère institutrice puis directrice d’école, son père je n’ai jamais su. Il est mort jeune, elle avait quinze ans et était déjà boursière à Paris, boursière de l’Alliance (l’Allianve israélite universelle, l’AIU), qu’elle servira pendant 37 ans, à Tunis. Un petit bout de femme, pleine de vie, d’énergie, généreuse, large d’esprit, ne se mêlant pas de ragots, passionnée de littérature, de piano, un peu jeune fille du 19e, du XIXe puisqu’il s’agit de siècle et non d’arrondissement.

Elle est arrivée à Tunis pour la rentrée d’octobre 1910, après avoir vécu la grande inondation de Paris 1910. Les premières années elle a eu les petites classes, le primaire, des orages avec les directrices puis le cours complémentaire, où elle s’est épanouie, enseignant le français, l’histoire géo, un peu d’anglais (un enseignement facultatif je crois, dans ces classes, et aussi le solfège. Elle a commencé à étudier le piano vers 18-19 ans, louant un piano (chez Bembaron, le grand magasin de musique) et elle a été passionnée, passant des heures, pas au-delà de 22 h, gare aux voisins. J’ai encore ses cahiers de piano, les Sonates de Beethoven en deux volumes, celles de Mozart, des Czerny, Clementi et autres Pischna, portant toujours en haut à gauche de chaque morceau la tonalité, la relative … Elle a voulu me faire étudier le piano aussi, gamine, la Méthode rose, puis de petits Bach que je ne pouvais pas voir ou entendre, m’en prenant aux noms de danses, gigue … J’ai dû faire trois ans de piano « petite », puis reprendre vers les treize ans, arrêter encore et repartir avec fougue à seize, au moment du bac. Ceci comme parenthèse piano.

Je me souviens, et je l’ai raconté, la Libération en mai 43, et elle au piano accompagnant les gars qi chantaient, dont ce français de la 8e armée britannique,  Le chant des cerises comme un symbole de la liberté retrouvée …

A cette époque-là, Vichy, elle allait régulièrement emprunter des livres à la Bibliothèque du Souk el-attarin, la grande bibliothèque, monumentale, silencieuse, elle m’avait emmenée quelquefois pour m’initier aux fichiers et présentée (« ma fille’) à la bibliothécaire, Mme Bastide. Elle avait renoncé à acheter ses livres depuis le jour où, retour de vacances, elle n’avait pas retrouvé les caisses qu’elle avait confiées à quelqu’un … Et nous avions donc, à la maison, à Tunis, une immense étagère jusqu’au plafond (et ils étaient hauts) mais ans presque plus de livres pou remplacer ceux qui avaient été volés. Je crois que le sentiment de trahison devait égaler la perte de livres aimés … Ce truc-là, faire confiance, elle me l’a communiqué et plus tard à Philippe …

Voilà, ce sera tout pour aujourd’hui … quelques photos …

Eurolat_76d

 

 

 

 

les faux, les vrais et ceux qu’on ne sait pas

Voilà, des fois on lit quelque chose d’intéressant, surprenant, oui très intéressant et puis on apprend que c’était une blague, un hoax si cette info ou ce message vous arrive en ligne. Alors alors on devient méfiant, au coup suivant on marche, ou pas, mais on ne sait pas bien comment déterminer si on est face à un vrai ou son contraire.

Voilà, voilà … Y croire ou pas, en avoir ou pas, des amis sur FB …

 

Je ne sais pas, mais dans ma petite cervelle à trous (de mémoire, et divers), ce genre de questions vient rencontrer un questionnement autrement intéressant, posé dans ANNONCES, un film de Nurith Aviv.

http://www.cinetrafic.fr/film/39077/annonces

http://www.premiere.fr/film/Annonces-Documentaire-3792820

Les annonces sont ces grands évènements dont parlent les écrits des livres sacrés. Et voilà que la dernière des sept femmes interrogées par Nurith Aviv, Barbara Cassin, commence par parler de son beau prénom, Barbara la barbare et parle des dieux de l’Olympe, ces dieux au pluriel et sans majuscule donc. Je dis donc parce que majesté, unicité, d’où La Vérité.  Ecoutez la parler des vérités, à égalité, multiples. De cette Vérité unique et des autres, concurrentes mais qui peuvent se tolérer, tout en se disputant.

En fin de film c’est la réalisatrice qui vient devant la caméra et qui dit « je suis née dans ce pays … »

 

– Voilà, à côté de ces questions, de ces histoires, mon affaire de ce matin, savoir si une personne qui m’invite sur FB est la vraie personne ou un double, un multiple, après tout …

Une photo ? pourquoi pas Humphrey Bogart …

humphreybogart

 

 

 

 

 

Gary, Huston, Romain Nancy et les mensonges

Mais qu’est-ce que ça veut dire « il ment tout le temps » ! Nancy Huston a pris sa loupe pour décortiquer examiner – c’est son droit ! – le double cd sur Romain GARY. Elle est venue en parler dans L’atelier du son, vendredi dernier, le 20 juin.

http://boutique.ina.fr/cd/entretiens/entretiens-litterature/PDTINA001865/romain-gary.fr.html

http://sites.radiofrance.fr/radiofrance/kiosque/fiche.php?id=2343

 

On entend un extrait du cd, la voix de Romain GARY, une si belle voix et voilà, d’entrée Nancy Huston annonce qu’elle ne l’a jamais aimée, cette voix, qu’elle sonne faux et elle poursuit avec une avalanche de Gary ment, se contredit, se vante etc.

Moi pas contente, touche pas à Gary ! Et pourtant, Romain Gary du temps où il était célèbre, Lady L à Apostrophes, grand tra la la, je ne l’ai pas lu. J’ai lu Ajar, applaudi, comme tout le monde ou comme beaucoup. Mais j’avais un trou à Gary, je savais que etc mais ne le lisais pas. Et puis c’est venu, je ne sais plus exactement par quoi ça a commencé, sans doute par Education européenne, offert à Philippe par sa grand-mère ashkénaze, choc ! J’avais aussi lu un petit hommage à De Gaulle, Ode à celui qui fut la France (je cite à peu près). Et un jour, je tire Lady L de la bibliothèque – pas la mienne, où il y avait des Romain et des Gary et des Promesses de l’aube, Racines du ciel etc … passionnée. Peu après je découvre La danse de Gengis Cohn, plein de petites phrases en yiddish, un sourire malicieux tout le temps, langues mélangées le yiddish en incises ! plaisir !

http://www.franceculture.fr/oeuvre-la-danse-de-gengis-cohn-de-romain-gary.html

http://www.franceculture.fr/quelisentils/avis/la-danse-de-gengis-cohn

Au fait, de quoi on parle ? de qui, justement … Nancy Huston, c’est une grande, appréciée, célébrée et tout. Sauf que je n’aime pas trop … alors partiale ? c’est possible et pourquoi pas ?

Juste une petite chose, s’il ment tout le temps, d’abord on s’en fout, il raconte, ses personnages sont souvent sinon toujours de grands bonimenteurs, un talent fou et une inquiétude encore plus folle. Bon, le lui reprocher ou pas, à chacun de choisir.  Quand il dit qu’il a été Compagnon de la Libération c’est vrai, authentique, et alors on ne peut pas le lui imputer comme quelque chose de trop.

Voilà. Gary n’est pas « trop », il est magnifique, c’est tout.

 

Cette petite restriction exprimée, j’aime beaucoup l’émission …  http://www.franceculture.fr/emission-l-atelier-du-son-le-son-dans-les-ecoles-d%E2%80%99art-%20-la-voix-de-romain-gary-avec-nancy-huston-20

 

 

17 décembre 1984

Ma petite mère, combien d’années que je ne t’ai pas écrit, que je parle de toi à la troisième personne, Mamie ou ma mère, ma petite mère … mais toutes les deux, qui avons échangé tant de lettres, qui avons dit infiniment plus de choses, parlé de tout par écrit plutôt qu’oralement … je me souviens des années ado où les repas à deux se déroulaient sans un mot, c’est moi qui te boudais autour de quatorze ans, l’âge bête dit-on. Et pourtant à la même époque j’avais écrit une rédaction sous forme d’une lettre que je t’adressais et qui avait plu à mon prof de français, Madame Amrouche, en troisième.

Ce dont je te suis le plus reconnaissante c’est de m’avoir appris à lire, avant l’école qui ne commençait qu’à six ans, il n’y avait pas alors de maternelles, les grand-mères étaient là, partageaient la vie de tous les jours. Lire et écrire, je me souviens des manuels de lecture En riant, et je vois encore les lignes d’écriture, les syllabes … Tous les livres choisis pour moi, partagés, d’abord les histoires tous les soirs … et la tradition ne s’est pas perdue ! Puis les livres que tu m’achetais, la Comtesse de Ségur, l’abonnement au Journal de Mickey, combien d’années, les Fables de la Fontaine illustrées, un bel album … ils ont tous circulé, les cousins, puis donnés à la bibliothèque de l’école. Le pli était pris, je vivrais avec des livres, tu fréquentais la Bibliothèque du Souk el-Attarine où tu allais tous les quinze jours faire provision, les nouveautés, les revues les journaux aussi. Tu lisais Les Annales, Marianne, tu m’as vite fait lire les petits livres Didier en anglais et au lycée nous avons été trois à prendre des romans anglais proposés par le prof, Hélène Pavlidès, Zina Mahjoub et moi. Jane Austen, Pride and Prejudice ; et un roman que j’avais beaucoup aimé, acheté chez Saliba, je l’ai conservé longtemps, A high wind in Jamaica, j’ai depuis longtemps oublié le nom de l’auteur, Richard Hughes et je découvre là qu’on en a fait un film.

La bibliothèque que tu as fondée à l’Eurolat, et le plaisir que tu prenais à entraîner les pensionnaires à lire, choisissant les gros caractères, parlant et sachant trouver pour chacun les livres qui lui plairaient et pouvaient leur faire paraître le temps moins long entre les visites des petits-enfants si occupés …

Et me voilà largement retraitée et toujours lisant, rencontrant des amoureux du livre, de toutes les formes de littérature, des écrivains des écriveurs en prose en vers – et contre tous les pleurnicheurs !!

Tiens, je vais t’offrir l’image d’un stylo et quelques vers d’un ami du Maroc, un fin connaisseur de la littérature française, quelqu’un que tu aurais aimé rencontrer. Et je crois aussi que tu aurais aimé le Net et toutes ces ouvertures aux paroles qui se lient …

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Demain, je te promets de continuer à t’écrire, nous avons tant de choses à évoquer. Bonne nuit ma chérie, bon long repos « Celui qui croyait au ciel, Celui qui n’y croyait pas »

http://www.poesie.net/aragon4.htm

La Rose et le Réséda

Celui qui croyait au ciel
Celui qui n’y croyait pas
Tous deux adoraient la belle
Prisonnière des soldats
Lequel montait à l’échelle
Et lequel guettait en bas
Celui qui croyait au ciel
Celui qui n’y croyait pas
Qu’importe comment s’appelle
Cette clarté sur leur pas
Que l’un fut de la chapelle
Et l’autre s’y dérobât
Celui qui croyait au ciel
Celui qui n’y croyait pas
Tous les deux étaient fidèles
Des lèvres du coeur des bras
Et tous les deux disaient qu’elle
Vive et qui vivra verra
Celui qui croyait au ciel
Celui qui n’y croyait pas
Quand les blés sont sous la grêle
Fou qui fait le délicat
Fou qui songe à ses querelles
Au coeur du commun combat
Celui qui croyait au ciel
Celui qui n’y croyait pas
Du haut de la citadelle
La sentinelle tira
Par deux fois et l’un chancelle
L’autre tombe qui mourra
Celui qui croyait au ciel
Celui qui n’y croyait pas
Ils sont en prison Lequel
A le plus triste grabat
Lequel plus que l’autre gèle
Lequel préfère les rats
Celui qui croyait au ciel
Celui qui n’y croyait pas
Un rebelle est un rebelle
Deux sanglots font un seul glas
Et quand vient l’aube cruelle
Passent de vie à trépas
Celui qui croyait au ciel
Celui qui n’y croyait pas
Répétant le nom de celle
Qu’aucun des deux ne trompa
Et leur sang rouge ruisselle
Même couleur même éclat
Celui qui croyait au ciel
Celui qui n’y croyait pas
Il coule il coule il se mêle
À la terre qu’il aima
Pour qu’à la saison nouvelle
Mûrisse un raisin muscat
Celui qui croyait au ciel
Celui qui n’y croyait pas
L’un court et l’autre a des ailes
De Bretagne ou du Jura
Et framboise ou mirabelle
Le grillon rechantera
Dites flûte ou violoncelle
Le double amour qui brûla
L’alouette et l’hirondelle
La rose et le réséda

Louis Aragon

Extrait de
« La Diane Française »
édition Seghers

le plat de Frédéric

Je vais rassembler l’annonce de Frédéric F, l’image de ce plat sur lequel sont écrits en caractères hébraïques, quatre mots ou peut-être pas des mots mais des abréviations …

Ce plat est sur Facebook depuis le 12  septembre et l’interprétation de ces quatre mots a donné lieu à une quantité de commentaires. Je ne vais pas les recopier tous mais faire un choix, dire quelles « autorités » ont été consultées  et annoncer la couleur, le fruit du travail de Michel Masson et d’un sien copain, hébraïsants de haut niveau.

  • ATTENTION : CECI N’EST PAS UNE DEVINETTE (ni une pipe, d’ailleurs), MAIS UNE VRAIE DEMANDE DE RENSEIGNEMENTS.
    Qui saurait – ou connaîtrait quelqu’un qui saurait – m’indiquer la langue et la signification des inscriptions en caractères hébraïques qui figurent sur cette assiette du XIIe siècle provenant de la région de Nishapur (en Iran) ?
    Mille mercis d’avance !
    plat_fredfredj
     L’interprétation : Voilà le résultat des recherches de Michel Masson, « avec un ami nous sommes tombés d’accord pour lire trois mots : ktiva ve-c’hatila tova (c’est la formule qu’on utilise comme souhait à l’époque des fêtes), littéralement « écriture et signature bonne » (sous-entendu dans le Livre du jugement de Dieu). Quant au 4e mot, mystère, la première lettre ressemble à un chin, l’ensemble rappelle qq chose comme « simc’ha », joie, mais c’est pas clair ! »J’ai essayé de lire ces mots sur le plat mais je ne suis pas du tout sûre de ma lecture. J’ai numéroté les mots, de 1 à 4, doutes sur ma lecture …
    1             כתיבה Khtiva   écriture
    2             וחילה vékhtila  et signature
    3            טובה  tova  bonne
    4   (non déchiffré : simkha, joie ??)
    • Faut-il ajouter des commentaire ? oui, intéressant de voir comment on essaye de déchiffrer. Une israélienne a dit ne pas voir de quoi il s’agit. Seulement, seulement il y en a sept pages,  donc pour les lire, on pourra se reporter à la page de Frédéric, le lien est en tête de l’article.

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    aux dernières nouvelles voici ce que dit MM « Tout ça avec beaucoup de réserves ! J’en suis même à me demander si ce sont des caractères hébraïques ! »

certain CV

A propos d’un livre de JL Fournier, Le CV de Dieu, édité chez Stock.

J’ai mentionné ce livre sur ma page FB et un ami très cher m’a dit ne pas avoir aimé, ne pas aimer …
Ne pas aimer quoi, qu’on écrive des blagues sur Dieu ? Qu’on en parle comme s’il « était des nôtres », un sujet de SM le Marché, qu’il devait rédiger un CV …

Je me suis dit, je vais supprimer ma petite note et puis non ! On peut blaguer, chahuter et être croyant ! Si on s’autocensure … Si … C’est le genre d’arguments qui va se développer en disant « si on commence … jusqu’où ira-t-on ? »
Donc un argument à éviter parce qu’il ne permet pas d’avancer, il ne fait qu’opposer une inquiétude à un tabou.
Comment parler de Dieu ? Les juifs orthodoxes s’interdisent d’écrire son nom et inventent des moyens de ne pas le faire tout en … Mais en bonne laïque – comme on dit un bon croyant – de quoi s’agit-il? Peut-être de la façon dont une société un groupe, utilise le nom, la notion de Dieu. Veut-on un Dieu gendarme ? Un Dieu amour ? Spiritualité ou police, répression … Un Dieu dans la ville ou dans mon for intérieur … Ou les deux, selon le moment.
Je n’aime pas qu’on ramène l’idée de Dieu à une fonction de maintien de l’ordre, ni à aucune fonction.
Et je ne veux pas me laisser entraîner à un débat avec chasse aux sorcières.
Donc je laisse sur ma page cette référence à un livre, que je n’ai pas encore lu. Ce n’est quand même pas L’arbre de la connaissance et l’Interdit !

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Et, comme c’est étrange, voilà que mon article, même pas publié, m’amène un commentaire, encadré rouge, disant : « Occasionally, some of your visitors may see an advertisement here » … pardon, je fais de la publicité ? masquée, déclarée ? mon article ne pourra pas paraître ??

et donc le Metropole (Moscou) …

Cet article fait suite à « souvenirs vieux de 49 ans, sept fois sept »

  • Sur une place, dont je ne sais plus le nom, un grand carré, il y a le Bolchoï, les chevaux du char d’Apollon (http://moscow.ru/fr/guide/entertainment/attractions/square/index.php?id4=65) qui ressemblent à ceux du Carrousel à Paris, l’hôtel Métropole. Il y avait une énorme statue de Marx, un monolithe, et on nous avait raconté comment cette pierre avait été roulée dans Moscou, depuis une gare, jusqu’au square jouxtant le Métropole …

Le Métropole était un de ces hôtels fastueux où, curieusement, modestes petits touristes « d’amitié », nous  déjeunions, dans un petit espace près d’un escalier monumental … c’était long ces repas ! Je me souviens davantage de la cafète, tout à fait dépourvue de ces décorations rococo, avec son petit bureau de poste. Le vocabulaire acquis comportait timbres (marki – марки   et enveloppes –  конверты). Là on avait la compagnie, très recherchée de nos guides, des jeunes gens, un par groupe, français, italiens … Et nous étions étonnés de voir à quel point  le guide pour les français avait l’air d’être un français, l’italien l’air d’un italien, mais tout les vêtements, la dégaine, la langue, admirablement parlée, argot et tout !  On parlait librement des crimes de Staline, un jeune futur écrivain, appartenant à une famille célèbre, racontait qu’ils étaient « rentrés » en URSS en 53, comme l’avaient fait avant eux des Prokofiev, Tsvetaeva et bien d’autres, en confiance, sans se douter des risques d’arrestation …

Ce premier séjour à Moscou a été court, deux semaines, fin juillet début août et déjà en août beaucoup de pluie, fraîcheur. Les grandes visites la découverte de la ville, les immeubles « staliniens », l’Université, l’hôtel Ukraine … huit constructions grandioses qui nous laissaient froids, le grand parc de la célèbre colline des moineaux, où s’étaient promenés Herzen et ses amis progressistes du temps de Nicolas Ier le despote, le stade Dynamo … l’immensité des avenues où se déroulaient les parades, et bien sûr le fameux métro,  la rue Gorki, quelques cinémas mais il était encore bien trop tôt pour pouvoir suivre un film en russe …

Quinze jours qui ont bouleversé ma vie, bien que je n’y ait pas fait de rencontres particulières, mais c’était ce champ devant moi, la langue russe … immensité. Je ne l’ai pas quittée, nuit et jour, pendant plusieurs années et je lui dois les plus beaux moments de ma vie.

http://www.metropol-moscow.ru/history-en.html

http://moscow.ru/fr/guide/entertainment/attractions/square/index.php?id4=65

souvenirs vieux de 49 ans, sept fois sept

Ce matin, brusquement un souvenir, clair, comme si c’était tout récent, la cafète du Métroploe … en 1964 à Moscou, ce grand hôtel un peu beaucoup réservé aux étrangers, à l’époque je ne savais pas qu’il existait un mot pour désigner les occidentaux, l’occident, les soviétiques disaient « capstran », les pays capittalistes.

1964, c’est l’ère Khrouchtchev, qui va s’achever en octobre par la mise à l’écart de Nikita Serguéyevitch, (Nikita Sergueitch on prononce). Mais en août, pour mon premier voyage à Moscou, le dégel bat son plein, et je fais partie de ces étrangers très bien accueillis, venus dans le cadre des « échanges d’amitié » entre les peuples, voyage France-URSS, une de ces associations reçues et fêtées à la Maison de l’amitié – Dom  droujby, Дом дружбы, rencontres, photos, le tout très encadré. J’apprendrai plus tard que ces photos sont destinées à des fichiers etc.

Pour l’instant je suis dans le dernier groupe de apprenants, le septième, débutants. Nous sommes six ou huit, je ne sais plus, c’est vieux, mais en tout cas un très petit nombre et chouchoutés, on apprend vite, quatre heures le matin, lecture grammaire puis une heure de prononciation. L’heure de prononciation nous fait découvrir qu’il y a dans notre petit groupe un licencié de russe ! un prêtre, qui a tenu à être avec les débutants et en fait il prononce très mal et comme il n’est plus très jeune il a du mal. Je correspondrai avec lui au retour, pendant quelques années.

L’école est en plein centre de Moscou, rue Herzen, oulitsa Guertsena – улица Герцена –  à deux pas du Conservatoire de musique, le Conservatoire Tchaïkovski,  имени Чайковского (du nom de Tchaikovski). Cours de 9 heures à 13 heures avec de petites pauses entre les heures et une plus grande à onze heures, le temps de se retrouver entre français des différents groupes et de faire de nouvelles rencontres. Une partie des cours se passe avec des étudiants venus d’autres pays, je me souviens d’un japonais qui rencontrait d’autres difficultés à prononcer et ça nous faisait rire ce déplacement des difficultés de la prononciation du russe. Et puis il s’inclinait, il saluait! à la fin de ses phrases ! En fait nous apprenions à demander notre chemin, prendre le métro, « vous descendez à la prochaine ? » … вы не схолите, пожалуйста ? – vous ne descendez pas, s’il voua plaît ? – et ce mot, пожалуйста, qui nous semblait si difficile à lire quand nous apprenions, un peu, à Paris ou ailleurs, à Moscou il se lisait tout simplement pajalsta !!

Nous avons plusieurs petits manuels, très bien faits, exercices. On corrige ensemble le travail « fait à la maison », c’est très plaisant, on progresse. « La maison » c’est le grand hôtel où nous sommes logés, à l’intérieur de Vé Dé Enn Kha – В Д Н Х – l’immense Parc des Expositions, les Expositions de l’Union soviétique, les réalisations économiques, que bien sûr nous visitons. Et là nous sommes mélangés, mêlés à des soviétiques, venus eux aussi visiter la capitale et В Д Н Х. Assez surprenant, aux douches, sans portes ou portes pas fonctionnelles, on se retrouve avec des soviétiques, chahut, familiarité, je me crois revenue au hammam à Tunis ! j’aime beaucoup.Les chambres sont en haut, tapis dans l’escalier et à l’entrée de chaque couloir, à chaque étage, une dejournaya – дежурная – l’employée « de journée », qui est de garde et lit beaucoup. Étonnée de la voir livre nos classiques, très bon niveau pour une personne qui a un emploi modeste ! on ne verrait pas ça en France, en 1964. Notre dejournaya est très gentille, toute disposée à bavarder, avec le peu de vocabulaire dont je dispose, mais on se comprend !
De В Д Н Х nous prenons le métro tous les matins pour nous rendre au centre, oulitsa Guertsena, et le midi (à une heure) nous allons à pied déjeuner au Métropol’.- la suite tout à l’heure : « le Métropole, grand hôtel moscovite ».

les outardes de Paul _ haiku

Paul, mon ami lointain, faut du haiku. Je ne sais pas si on dit « faire » ou écrire des haiku.  Et c’est pour moi très mystérieux. Hier j’en lis un et je me demande ce qui est caché dedans d’allusions politico etc mais non, il s’agissait simplement de canards, d’oies, d’outardes  qu’on voit arriver après les foins, la mise en balles des foins coupés. Tout un vocabulaire à glaner sur quelques lignes !  et des photo, que je vais réunir ici, histoire de ne pas les perdre.

gleaning the wheatfields
after the balers have been
canadian geese…

Paul Christofersen Ils sont Bernache Canadiennes, Gilda: https://fr.wikipedia.org/wiki/Bernache_du_Canada

fr.wikipedia.org

La Bernache du Canada (Branta canadensis) est une espèce de grands oiseaux de la famille des anatidés. Elle est la plus grande des bernaches, ou oies noires.
  • Gilda Nataf ok, il n’y a donc pas d’allusion, de métaphore ouquelque chose comme ça ! merci Paul
  • Paul Christofersen Après le blé est récolté la plupart de nos agriculteurs locaux recueillir la paille en balles rectangulaires, comme de foin, qui sont utilisés pour un certain nombre de fins différentes. En anglais, nous appelons simplement un tel travailleur un «baler».
  • Gilda Nataf un metteur en balles !!! génial, la langue anglaise
  • Paul Christofersen Comme une «paquetier» s’ils vous plait!
    Paul Christofersen Oui, une langue tres génial pour le fabricant du haïku, où chaque syllabe compte!
    • gleaning : glanant
    • wheatfields : champs de blé
    • baler ; paquetier
    • geese : les oies, (voir plus haut le lien Wikipedia)