Posts Tagged ‘expression’

Les bons jurons

elia_mohmer_3Les bons jurons, oui, comme ça fait du bien ! Ce matin, je lis un comm (un commentaire ok) particulièrement vil, bas, un sous-grade de comm et j’ai envie mais je me retiens, d’y ajouter le mien qui exprimera mon rejet de cette attitude. Bon, j’ai écrit deux mots, pas violents mais fermement réprobateurs.

Et puis je suis partie, faire autre chose, « brontolant » dans ma barbe « saloperie, va » mais bien sûr pas question de l’écrire, ce n’est pas le langage d’une octogénaire, voyons … Et voilà, merci ma mémoire, que surgit le beau l’énergique Saloperie vivante ! Il jaillit, j’entends la voix de mes hommes, mon père,  Elia qui l’aimait tant … un juron d’honnête homme indigné !  Et j’en suis toute retournée, ils sont là, je les entends je les vois, je suis à Beaulieu quelle bonne chaleur.

Oui c’était un juron masculin, les femmes … que disaient-elles ? Ah !  Khalti Meriem, elle jurait oui mais ses mots ne me reviennent pas … reviendront ? Je me souviens de ce qui les provoquait : et là c’était toujours une provocation masculine, il suffisait de prononcer deux mots, hnesh et jrana (hnesh le serpent ; jrAna la grenouille (A pour l’accent)) pour qu’elle éclate, fasse plus ou moins semblant de se fâcher …

Voilà ! et vive un bon juron bien asséné ! chaud au coeur.

(brontolare, italien pour grommeler)

Langue sacrée, langue parlée

Regardé ce soir le second film de la trilogie : langue sacrée, langue parlée.  Et j’ai été frappée par le paysage des travellings qui séparent les interventions : au début c’est une terre, collines, oliviers, une route étroite … Nurith Aviv ne parle pas du tout d’une terre sans hommes. L’impression que j’ai eue c’est que, à mesure que le paysage s’étoffait, apparition d’une ligne horizontale, est-ce un fil téléphonique ? puis plusieurs, ténues puis progressivement mouvement, véhicules, routes … à mesure de cette mise en mouvement la langue parlée devenait elle aussi plus riche plus complexe …

C’est peut-être ce qu’elle a voulu exprimer par cette densification « géographique », le mot apparaît d’ailleurs chez l’un des intervenants (une femme). Au début il n’est question que de laïcité, puis entrent des sensations des inhibitions liées au caractère sacré de la langue priée …

Trop riche pour en parler après une seule vision … comme toute cette trilogie … A plus tard mais d’abord mon admirations pour ce travail cette interrogation selon des plans des états des niveaux des distances prises aussi  … importance de la poésie.

Encore une émission de haut vol, les profondeurs de la langue, « la langue maternelle » comment la définissez-vous demande Nurit Aviv … la classe !