le choral du veilleur

C’est un véritable cadeau que je me suis offert ! la partition piano du Choral du veilleur, éd. Durand, et je me souviens de la boutique Place de la Madeleine, l’émotion qui me saisissait quand j’y entrais, il y a longtemps. De quand date la disparition de Durand ? des années 80 sans doute, cette fièvre spéculative qui est tombée sur Paris, le transformant au gré de travaux destinés à en faire une capitale du tourisme.

Mais le choral du veilleur, c’est bien plus loin, les dernières années à Tunis, l’immédiat après-guerre, le voisinage d’Angel  Lumbroso, sa pharmacie voisine de Garza, la pâtisserie Garza …. Angel était pharmacien de profession mais aussi un véritable artiste, ses photos, les superbes noir et blanc les grands tirages, son arrière-boutique arrangée en pièce à vivre « à la tunisienne », tapis, coussins, mobilier tout artisanal, des trésors du sud tunisien … On n’avait pas l’habitude d’un tel décor, nous connaissions plutôt les Lévitan ou autres grands magasins, les vernis, les ornements … Charme du mat, pour les photos, les gargoulettes, et charme inconnu pour nous de la musique qu’il écoutait, Beethoven les symphonies, les concertos, Bach et justement un disque d’Edwin Fischer, le Choral du Veilleur, je ne sais plus très bien si c’était au piano ou à l’orgue mais c’était devenu notre signe de ralliement, on le chantait, émus.

La complicité qui s’était établie avec ma mère, avec Maxou, le grand cousin qui nous avait fait connaître son ami Angel … la ferveur de ces années d’après-guerre où on renaissait.

C’est un époque où on allait beaucoup au concert et, même pendant la guerre, la vie musicale était intense à Tunis. Les Jeunesses musicales, les JMF, venaient, Norbert Dufourcq, Bernard Gavoty, attiraient beaucoup de monde au Théâtre Municipal. Samson François … l’enthousiasme ! il avait joué des sonates de Beethoven, l’Aurore … Schumann. Je me souviens de ma mère, qui ne ratait pas un concert, une conférence, plus jeune que tous. Et si modeste.

Encore une date qui s’est fixée, un moment que je revois, le jour J, le 6 juin 44, j’avais ma leçon de piano, l’après-midi, il faisait beau sur Tunis.

Et voilà, en feuilletant en ligne le catalogue de di Arezzo, je trouve une partition piano du Choral du veilleur, et je l’ai commandée, et tout à l’heure j’ai tenté un premier déchiffrage,  quatre pages, la première, ça ira … Ils sont là, Maxou, tante Ika, mon Cipetto, on va partager ce Bach. Dio ci benedica.

http://fr.wikipedia.org/wiki/Edwin_Fischer

http://www.bach-cantatas.com/Bio/Fischer-Edwin.htm

J’ai envie d’en parler, une autre fois.

 

 

 

 

 

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