Job, de Joseph Roth

Retrouvé tout en haut d’une pile ce Job, bien couvert de papier cristal et pourtant, aucun souvenir, plusieurs jours  je le regarde puis me décide à l’ouvrir. Bizarre, c’est le second titre de Joseph Roth qui n’est relié à rien, je me demande de quo il parle, sais pas.  Les deux fois un mot biblique, Léviathan , Job …  est-ce parce que l’histoire est transposée dans le monde moderne ? Est-ce parce que Joseph Roth a écrit La légende du saint buveur, et La marche de Radeztky, plus imagés (le film pour Radetzky).

A nous deux Job, hier soir je prends le livre pour savoir de quoi … Et je l’ouvre vers la fin, là où souvent je lis un peu plus en diagonale, « on a compris » et voilà, l’histoire me revient d’abord par éclairs puis elle fait bloc et je me la raconte autrement, « distanciée ». C’est une histoire de miracle, le fils de Job, le petit dernier infirme, débile, abandonné quand la famille a quitté la Pologne pour effectuer sa grande migration vers l’Amérique … le petit Menuhim revient, glorieux et modeste, devenu un grand chef d’orchestre … c’est l’histoire du vilain petit canard !

Les retrouvailles du vieux Mendel (Job) et de son dernier fils, alors que tous les autres, et aussi sa femme Deborah, sont soit morts soit fous, que le vieux Mendel en arrive même à blasphémer, lui si pieux … Et l’histoire de Job — qu’on prononce Iyev en yiiddish – se déroule en quelques pages, les amis, les égoïsmes la condescendance et soudain ce personnage qui recherche un certain Mendel … Tout est très beau, émotion, petits calculs, admiration « baba » devant la réussite matérialisée par une splendide auto (nous sommes dans les années 20). Résurrection, foi, doute, et à la fin, après tant de malheurs … l’idée d’un retour en Europe, à un mode de vie où le rêve a (eu) sa place.

Relire ce Job en entier, tout doucement, apprécier toute cette tendresse mêlée de réalisme. Vive Joseph Roth, un salut à cette plaque au Café de la rue de Tournon où il a passé beaucoup de temps à boire, à écrire, à désespérer jusqu’à sa mort en mai 39.

 

éd. du Seuil, 2012

http://archives-sonores.bpi.fr/index.php?urlaction=doc&id_doc=1218

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