mémoire enregistrée ou virtuelle …

A mi-chemin de l’inconscient et de la mémoire … « in mezzo al cammin di nostra vita … » (Dante).  Deux étapes ou deux formes de mémoire ?

  • Matériel : un livre, en l’occurrence Leskov.-  Лесков : Очарованный странник.
  • Une observation ces jours-ci, quand je lis du russe, une bonne lecture tranquille,  disons une heure, peut-être moins, mais où  je ne fais que lire, plongée dans les pages le récit, la technique du conteur qui fait attendre, souvent un récit au second degré  … A la sortie – en général je lis pour de bon avant de m’endormir, rien ne vient me distraire, quand j’arrête donc, éteins les lumières,  j’entends, intérieurement,  « des voix » …  non ! Mais des mots des phrases c’est du russe, le débit est rapide, c’est une conversation à laquelle je ne comprends pas tout, comme au cinéma, comme lorsque je lis, sans aide d’un dictionnaire.  Et je m’en trouve bien, je m’y trouve bien, je crois que je m’endors là-dessus, au réveil il n’en reste rien  …  Est-ce que j’ai déjà rêvé en russe ? ce que je raconte ressemble à du rêve, incontrôlé, qui arrive sans crier gare … un peu comme un manteau jeté sur les épaules, il est là et on n’a pas envie de s’en séparer

C’est comme si la mémoire déversait  un trop-plein, ou qu’elle venait me baigner prolonger un moment de plaisir, la lecture continue …

  • Et le même phénomène s’était produit, du temps de ma thèse, les soirs où j’avais passé tout un après-midi à regarder des Rissoa (Rissoa est un petit Gastéropode marin, un tout petit escargot) et à les classer, les casser aussi pour les examiner au bino (la loupe binoculaire utilisée par les naturalistes pour les objets « de petite taille, non microscopiques ») et classer, classer. On bénéficiait de stalles individuelles, spacieuses où on pouvait s’offrir le confort d’un transistor pour travailler de longues heures sans s’interrompre sinon pour un thé, sur place toujours. L’intendance maison assurée je pouvais travailler tard et donc, certains jours il m’est arrivé de continuer à voir des Rissoa, de poursuivre non mon travail mais mon activité, virtuellement, après avoir arrêté physiquement …  Une sorte d’image rétinienne mais à une autre dimension, ce n’était pas la rétine qui fonctionnait mais ma capacité à enregistrer, à jouer les perroquets ? Peut-être …  Ou un phénomène de sas, d’entre-deux, d’interface entre une activité coupée du monde extérieur et le retour à « la vie réelle, non isolée » ?
  • Lecture, images, et musique, oui aussi, un morceau qu’on répète soit en l’écoutant soit en essayant de l’apprendre, peut aussi produire cet effet. A observer lors d’un concert ou après, à la sortie, et pour un spectacle qui vous aura absorbé …

Alors, mémoire vraiment, ou rémanence, durée ou pas, fixé comme la photo au sortir du révélateur a besoin d’être fixée, le fichier enregistré … physiquement une question de champ magnétique  et pour la photo argentique, je ne me rappelle plus comment agit le fixateur.

Mémoire et « apprenage », apprentissage par la répétition, mémorisation, ça se travaille. La mémoire affective, la mémoire madeleine c’est bien autre chose, je ne sais pas si elle fonctionne par levée d’inhibitions … et à quel moment, quand elle prend ou quand elle donne, elle restitue …

Plusieurs vidéos youtube pour « atcharOvannyi strAnnik » –


http://www.youtube.com/watch?v=6YOOKeoyrsk&feature=related (chevaux violence d’une scène de lutte pour l’acquisition d’un cheval)

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