poésie féminine, création féminine … et si on mettait des guillemets

oui, étouffée, et on s’étonne après, qu’elle n’existe pas

Des guillemets, oui, parce que parler de poésie « féminine » c’est concéder aux femmes l’accès à la poésie. Concéder un droit, un accès, une parole, sans la cantonner (l’enfermer, cage dorée) à la joliesse, aux paroles charmantes, au  chant de l’oiselle ou de la demoiselle.  Je pense à ces revendications des années 70, en France, à un livre de Marie Cardinal, la grande Marie Cardinal (la soeur de Pierre, journaliste vedette de la télévision), l’auteur des Mots pour le dire.

http://editions-horay.pagesperso-orange.fr/livres/hs_crea.htm

 Le vrai titre, c’était La création étouffée. Je me souviens l’avoir lu, « avec intérêt », après avoir « dévoré » le précédent, Les mots pour le dire.  Dans l’un je me suis reconnue, même histoire, stupéfaction de lire cette relation entre le symptôme et l’analyse, que je connaissais. L’autre, je l’ai lu portée par la curiosoté, le besoin de comprendre, chercher à, alors que je ne me sentais en rien créatrice, je ne pensais pas en être capable (curieux, cette idée, « capable » ? discutable sans doute). La création étouffée a quarante ans, depuis la situation a évolué et j’aurais dû écrire en légende, « et on s’étonnait, après, qu’elle n’existât pas », bon, l’imparfait du subjonctif a à présent ses défenseurs, et je n’ai pas envie de renoncer à cette révolte-là.

Ce que je cherche à m’expliquer, c’est cette condescendance à l’égard des femmes. Un peu oui mais pas trop, faut pas qu’elles « prétendent ». Et je dois bien constater que pas plus tard qu’hier, il y a deux ans, un an même, je me suis dit, lisant en ligne, sur Facebook, mes poètes  favoris, je comptais sur mes doigts – dangereux ces décomptes, il y entre encore des préjugés pas forcément « contre » mais des réminiscences -, et j’en avais quatre de favoris, dont une femme …  et je me disais oui, poésie différente, dit des choses qui n’apparaissent pas chez les hommes, une autre sensibilité … Puis le nombre de « favorites » (en français) a grandi et si je ne compte plus, ce n’est pas faute de doigts mais parce que ce décompte masculin féminin, traduisant un grand petit ou un « valable et un « peut mieux faire » … n’a pas lieu d’être. Allez plouf ! je m’en défais, j’arrête ce mic-mac déférent ! Basta !

Je ne développe pas, il me semble tenir quelque chose … mais que de fois, que de fois j’ai cru tenir le chaînon manquant ! Une remarque qui devien « une idée » et on croit devoir y être fidèle, mais pourquoi ? t demain, demain on n’aurait plus la chance de voir les choses autrement ? ce serait trop triste …

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