rag ta mère, ragtamer … le rag-time ? non

  • En revenant du marché, on me crie de loin, Gilda ! Gilda, rag tamère (traduction par des petits français « d’origine mélangée », comme moi, de l’hébreu hag sameakh, joyeuse fête, autrement dit bonnes Pâques). Je suis aux anges, sourire pour la journée, joie pour un an ! Et vive les parents qui savent donner une belle éducation, gentillesse, attention à l’autre …

   Voilà, les noms des enfants viennent du Mali, comme leur père, ils s’écrivent drôlement et je suis incapable de dire ce qu’ils signifient, chacun, bien qu’on me l’ait dit et écrit … pardon ! Et ils me crient donc tous ensemble « rag ta mère, hag samère … », heureusement j’ai suivi, vendredi, la soirée « le premier jour » de Pâque et je comprends tout de suite qu’ils me le disent en hébreu.

« Le soir de Pâque », on fait la lecture en hébreu mêlé d’araméen, de la Haggadah de Pâque, c’est une grande réunion de famille. Il y a le rituel du plateau qui contient les herbes amères, les douceurs, l’os et aussi un oeuf (là encore mes lacunes ne me permettent pas de donner la signification de chaque élément du plateau, en fait une corbeille recouverte d’un beau linge). Mais hag sameakh, je connais, j’ai suivi des cours d’hébreu, j’en sais encore assez … J’apprends avant-hier que ce hag,  mot hébreu, correspond à l’arabe hadj parce que cette fête fut, un jour, accompagnée d’un pèlerinage. Et voilà, nous étions ce soir-là très « mélangés » aussi, de plusieurs continents ce qui ne gêne en rien la convivialité, au contraire même !

  • Surprise et ravie, je remercie les enfants, et je leur dis, hag sameakh, ça veut dire … Là-dessus, leur mère, toujours bonne pédagogue, lance « et pourquoi on dit ça juste à ce moment de l’année ? »  Pas de réponse, quelqu’un dit c’est Pâques mais aucun des enfants ne sait ce que c’est, famille laïque, le père est un musulman si on en croit son prénom mais pas plus, aucune pratique, la mère est aussi déchristianisée que je suis déjudaïsée … N’empêche, la culture c’est quelque chose et nous voilà partis, en pleine rue, trottoir étroit limité par une barrière, à expliquer, en questionnant, c’est quoi Pâques ?  Gomnikaw propose « oui les cloches mais c’est pas vrai », et j’enchaîne le passage de la Mer qui s’est ouverte pour laisser passer les esclaves fuyant, les maîtres poursuivant mais la mer se referme et ils n’ont pas pu les rattraper. Pas de noyés pas de plaies, pas trop de détails mais j’imagine qu’ils ont dû en reparler, parce que la mer qui s’ouvre …
  • Conclusion de Gnyalica, quatre ans, « c’est quoi rag tamère ? tu nous donneras des bonbons ? »

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Petite doc sur la célébration de la Paque à la mode de Tunis et d’autrefoir, voir le site Harissa : http://www.harissa.com/D_Religion/pessahquelquestraditionsavraham.htm… à qui j’emprunte la photo « simsirinou« .

La prononciation étant ce qu’elle est, on dit et on répète, en versant de l’eau sur les mains de l’officiant, « simsirinou« , personne ne comprend mais on le dit tous, on le chante sans savoir qu’à chaque simsirinou c’est une des plaies qu’on lave … et voilà. Se reporter à des articles mieux documentés, ou à ceux qui mêlent leurs souvenirs à la signification … à l’histoire de la signification, à l’histoire de Nous là-bas …

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Merci à mes petits voisins et à leurs parents …

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