la petite chocolatière

C’était, sur un mode  affectueux admiratif,  la manière dont un cancérologue accueillait MC, « petite », elle ! Oui, comme nous le sommes toutes devant la maladie … Et pourtant quel morceau, M… !  je ne peux pas dire son nom, elle a toute mon admiration, et hier soir elle m’est revenue, si présente, son savoir-faire, son grand amour de la vie.

Binoche en chocolatière en butte aux ragots à l’hostilité active d’une petie ville.  Je ne pensais pas voir tout le film mais la préparation des chocolats, l’art de goûter, faire goûter, le contact  avec l’autre, le soin de la présentation, le produit fini, le luxe et pourquoi pas … Le rapport à l’église n’est pas le même, M y allait, régulièrement, gaiement, avec toute sa tête et son coeur grand format, elle qui n’avait pas eu d’enfants les avait tous, les embrassait au sans large. Goûter, essayer, essayer encore rectifier,  que ce soit à la cuisine ou à la fabrique (quel est le mot ? laboratoire ? fabrique ? c’était de l’artisanat, de haute volée).

Ses clients ? des plus modestes, via l’Eglise, aux Emirs commandant pour un mariage,  un anniversaire, clients réguliers … il fallait l’entendre raconter … Etre invités le soir, découvrir une table toujours renouvelée, mais tout, le décor changeait chaque fois, incroyable ! et toujours pensé dans l’ensemble, dans les détails, on était transportés installés dans un monde qu’elle  créait, qu’elle animait et dirigeait, comme un général ! Et parmi ses invités des gens qu’on (que je)  n’aurait jamais imaginé rencontrer, évêques, attachés à je ne sais plus quelle branche de la bibliothèque vaticane … et les compagnons de voyage, ces voyages Maurice, si précieux, si enrichissants … découvertes. Lui infatigable … on le devenait tous par contagion. Comment, et pourquoi résister à son enthousiasme communicatif, généreux …

M et l’amour de l’Italie, innombrables voyages, toujours des souvenirs qu’elle rapportait pour chacun … ces serviettes de table « da domani faccio dieta » devant une superbe assiette de macaroni, fumants, rouges sauce tomate et ce beau fromage qui les couronnait … Les JMJ de 98 à Paris, elle avait accueilli chez elle (grand appart c’est vrai)  je ne sais plus combien d’italiens cultivés fervents catholiques … Et ils avaient voulu la remercier en lui faisant una maccaronata (una maccheronata ??) à l’italienne … il y en avait eu partout, la cuisine retournée, tomato assaisonnée, ce travail pour la nettoyer après …

Et sa fidélité au souvenir de ses parents, son père, leur lecture de Montaigne, tout au long d’une vie …

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